Bernard Challandes: "Les succès collectifs sont liés à l’intelligence émotionnelle."Assemblée générale de Metaltec Neuchâtel

    Lors de l’assemblée générale de Metaltec Neuchâtel (membre collectif de l'UNAM), Bernard Challandes a été le special guest. Pour mémoire, Bernard Challandes a été footballeur de 1968 à 1982 au FC Le Locle, à Urania Genève Sport, au FC Superga, au FC Boudry et au FC Saint-Imier, tout en menant une carrière d’enseignant. Il e ensuite entraîné plusieurs équipes : FC Saint-Imier, FC Le Locle, FC La Chaux-de-Fonds, BSC Young Boys, Servette FC, les espoirs l’équipe de Suisse (notamment la génération des Titans), FC Zurich, FC Sion, Neuchâtel Xamax, FC Thoune, l’équipe nationale de l’Arménie et celle du Kosovo. Lors de la soirée de Metaltec Neuchâtel, Bernard Challandes a revêtu son habit de coach sportif pour s’adresser aux patrons de la construction métallique neuchâteloise. Il leur a démontré que le quotidien d’un coach avait des similitudes avec celui d’un patron.

    La pression des résultats
    Dans son intervention, le Chaulier a d’abord tiré un premier parallèle entre la gestion d’une équipe et le management d’une PME : « Dans les deux domaines, on doit avoir des résultats et des performances. On vit avec un stress permanent. Les clubs sportifs sont des PME voire de très grandes PME. Il y a des points communs dans leurs modèles de gestion. ». Il a cependant observé que la durée de vie des entraîneurs était bien plus courte que celles des patrons, en raison d’un constant maintien de niveaux de performances à atteindre.
     

    Le stress positif comme accélérateur de travail
    Le second parallèle tiré par Challandes a été l’incertitude : « On ne peut pas tout prévoir. Il y a des incertitudes. Pour les PME, c’est la marche des affaires, la conjoncture, les instabilités géo-politiques ou le franc fort.  Pour un entraîneur, c’est un joueur blessé ou suspendu. Dans les deux cas, il y a des stratégies à adopter, des tactiques à appliquer.». Se basant sur son expérience, le Chaulier a démontré que le stress positif avait été pour lui un accélérateur de travail : « Je me suis toujours efforcé de faire tous mes devoirs à l’école, par peur de ne pas être à la hauteur. Cette même peur m’a toujours accompagné avant les matches. Je cherchais toujours le meilleur chemin pour connaître le succès ». Bernard Challandes croit en la valeur du travail.

    L’IE plus forte que l’IA
    Bernard Challande croit aussi à l’intelligence émotionnelle (IE), troisième parallèle tiré. D’après P. Salovey et J.D. Mayer, l’Intelligence émotionnelle est la capacité d'une personne à percevoir, comprendre, gérer et exprimer ses propres émotions, ainsi que celles des autres, afin de résoudre les problèmes et réguler les comportements liés aux émotions. Pour Bernard Challandes, l’IE est très  importante pour gérer le stress et la colère :  « La relation avec les humains (p.e. les joueurs et les collaborateurs) est centrale. Les méthodes d’hier, comme les punitions ou les sanctions, ne déploient plus les mêmes effets. Il faut être capable de faire passer des message, de résoudre des problèmes personnels et interpersonnels, de maintenir la cohésion du groupe, en étant plus subtil.». Pour être concret, il s’est basé sur des expériences vécues avec des joueurs fâchés qu’il fallait réconcilier ou des équipes ne respectant pas des consignes de discipline avant de grands matches. ». Emettant des réserves avec le pouvoir grandissant des réseaux sociaux et l’émergence de l’intelligence artificielle (IA), Bernard Challandes a rappelé que tous les succès collectifs étaient liés à l’intelligence émotionnelle.

    La résilience
    Bernard Challandes a aussi connu les affres des licenciements. Démis de ses fonctions à la tête de deux équipes (FC Thoune et équipe nationale du Kosovo), Bernard Challandes a vécu des moments émotionnellement très difficiles. Trop touché dans sa chair à ces moments-là, Bernard Challandes, regrette aujourd’hui de ne pas s’être suffisamment battu pour démontrer qu’il restait l’homme de la situation. En évoquant ces moments, Bernard Challandes dresse un quatrième parallèle entre la gestion d’une équipe et le management d’une PME : la résilience. « En cas d’échec, soit en tant que patron, soit en tant qu’entraîneur, il faut s’avoir se relever, savoir rebondir ! ».

    Au terme de son intervention, Bernard Challandes a invité les patrons des entreprises membres de Metaltec Neuchâtel à ne jamais renoncer et à toujours aller de l’avant. Pour illustrer son propos, il a cité Sylvie Testud, actrice française ayant obtenu deux Césars malgré des débuts difficiles. Cette dernière a déclaré : « Il faut être capable de bouffer de la merde pour chier des étoiles ! ». La détonante citation a certainement déclenché quelques étincelles sur les enclumes des constructeurs métalliques neuchâtelois, ravis d’avoir écouté un Bernard Challandes tout aussi inspirant que rempli de bon sens.

    Autre lien

    Les constructeurs métalliques neuchâtelois sur UNami

    Le Comité de Metaltec Neuchâtel prend congé de Philippe Gubler. De gauche à droite: Laurent Vernier, Steve Baggenstoss, Céline Carvalho, Didier Perrenoud, Sylvain Hostettler et Jean-Laurent Junod.
    Didier Perrenoud, le tout nouveau Président de Metaltec Neuchâtel, remercie Bernard Challandes.
    Philippe Gubler a passé l'enclume à Didier Perrenoud. Un bel hommage a été rendu à Philippe pour ses 10 ans de Présidence.

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