Impayés : les bons réflexes pour éviter la facture salée

    65% des impayés proviennent de clients existants et le retard de paiement moyen atteint 57 jours. Face à un risque qui peut rapidement peser sur la trésorerie, la CNCI a organisé, le 29 octobre à Neuchâtel, un atelier pratique consacré aux moyens de prévenir les impayés, de structurer ses relances et, lorsque cela devient nécessaire, de passer au recouvrement.

    Intitulé « La gestion des impayés de A à Z », cet atelier était animé par Debitors Management SA, membre de la CNCI et spécialiste de la gestion et du recouvrement des créances. Pendant trois heures, les participants ont passé en revue les différentes étapes d’une gestion efficace des débiteurs, avec une approche résolument pratique.

    Les chiffres présentés donnent d’emblée la mesure du problème. 65% des cas d’impayés sont le fait de clients existants, tandis que 15% des ménages sont en retard de paiement. Le retard moyen atteint 57 jours.

    En Suisse, 3'031'541 commandements de payer ont été notifiés en 2025, soit l’équivalent d’une personne sur trois. Autre chiffre marquant : 5,4% de la population, soit 403'691 personnes, présentaient des expériences de paiement négatives au 31 décembre 2025.

    Les disparités cantonales sont toutefois importantes : Neuchâtel, Genève et Soleure comptent parmi les cantons où la proportion de personnes présentant des expériences de paiement négatives est la plus élevée.

    Le monde des entreprises n’est pas épargné. Les données présentées lors de l’atelier font état d’une augmentation de 61,2% des faillites d’entreprises en 2025 par rapport à 2024, hausse en grande partie liée à la modification de la Loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP), entrée en vigueur le 1er janvier 2025. La construction figure parmi les secteurs particulièrement concernés, avec 1'576 faillites, devant la restauration avec 1'090 et le commerce de détail avec 774.

    Prévenir avant de devoir recouvrer

    Face à ces chiffres, l’un des messages clés de la matinée était clair : la gestion des impayés commence avant même l’émission de la facture. Deux facteurs ont particulièrement été mis en avant : contrôler la solvabilité du client et disposer d’une reconnaissance de dette.

    Extrait de l’Office des poursuites, FOSC, Zefix ou registre du commerce permettent notamment de recueillir des informations utiles pour évaluer la fiabilité financière d’un client. Pour les nouveaux clients, notamment lorsque les montants en jeu sont élevés, ce contrôle constitue une mesure de prévention importante.

    La formalisation de la relation commerciale est tout aussi essentielle. Devis, contrats, conditions générales de vente, délais et modalités de paiement doivent être définis clairement. Les trois sources de litiges les plus fréquentes évoquées lors de l’atelier concernent le prix, la qualité ou la quantité de la prestation et le mode de paiement.

    Relancer vite, mais surtout efficacement

    Une facture n’est pas payée ? Avant de multiplier les rappels, il convient d’en comprendre la raison : facture non reçue, litige, manque temporaire de trésorerie, difficultés financières plus profondes ou mauvaise foi. Chaque situation appelle une réponse différente. En cas de difficulté temporaire, par exemple, un plan de paiement formalisé par écrit peut permettre de trouver une solution tout en préservant les intérêts du créancier.

    La relance doit ensuite suivre un processus ininterrompu, rythmé et limité dans le temps. Il est notamment recommandé de privilégier une ou deux relances personnalisées plutôt qu’une succession de courriers sans effet.

    Un exemple de processus précontentieux présenté durant l’atelier prévoit une facture à J+0, une échéance à 30 jours, un premier rappel à 40 jours, un second à 60 jours, puis une décision de mise en contentieux à 75 jours.

    Cette matinée aura ainsi rappelé qu’en matière d’impayés, anticiper reste le meilleur moyen de protéger sa trésorerie. Contrôler la solvabilité, sécuriser les engagements, formaliser les conditions de paiement et appliquer une procédure de relance claire sont autant de réflexes qui permettent de limiter les risques et d’agir plus efficacement lorsqu’un paiement tarde à arriver.

     

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