Augustin Mettraux, le bronze mondial au bout du ciseau

A la fin septembre, Augustin Mettraux a décroché le bronze aux WorldSkills de Shanghai. Une consécration qui couronne plusieurs mois de préparation intensive, avec le soutien de son coach Loïc Santschi. De ses premiers pas dans la profession à la conquête d'une médaille mondiale, Augustin nous raconte son histoire et son aventure.

Augustin, peux-tu nous parler un peu de toi ?
J’ai 20 ans et je vis à Fontainemelon. En juillet 2025, j’ai obtenu mon CFC de menuisier après quatre années d’apprentissage. Je cherchais un métier manuel, concret et varié : la menuiserie s’est vite imposée comme une évidence. Il faut dire que mon père est lui-même menuisier — ceci explique peut-être cela ! Plus sérieusement, je trouve formidable de pouvoir transformer une simple planche de bois en une multitude d’objets. En dehors de l’atelier, je pratique la course à pied et le tir sportif, et j’aime aussi passer du temps en montagne.

Comment l’aventure des concours de menuiserie a-t-elle commencé ?
J’ai participé aux premières qualifications cantonales sans vraiment connaître les SwissSkills et sans imaginer aller aussi loin. Après avoir remporté ce premier concours, l’envie de me mesurer aux meilleurs menuisiers de Suisse a grandi. Avec les huit autres participants qualifiés, nous avons suivi plusieurs week-ends d’entraînement et trois concours d’une journée. Je ne faisais pas partie des favoris, mais je savais que j’avais une chance de décrocher une médaille. Ma qualification pour les WorldSkills a ensuite ouvert un nouveau chapitre.

Que représentait la possibilité de participer aux WorldSkills ?
C’était une chance exceptionnelle et un grand honneur. Les WorldSkills réunissent les meilleurs jeunes professionnels du monde. Pouvoir défendre les couleurs de la menuiserie suisse sur cette scène était une expérience unique. Dès la fin des SwissSkills, j’ai consacré mes soirées et mes week-ends à préparer un nouvel outillage. Puis, à partir du mois de mars 2026, j’ai arrêté de travailler pour me consacrer entièrement à l’entraînement.

À quoi ont ressemblé ces mois de préparation ?
J’ai développé des méthodes de travail qui devaient être à la fois rapides, précises et fiables. J’ai réalisé des exercices spécifiques et des projets complets inspirés des éditions précédentes. Chaque séance permettait de cibler un point concret : gagner en efficacité, améliorer un assemblage, corriger un détail ou apprendre à mieux gérer le temps.

Avec Loïc Santschi, mon coach, nous avons construit une relation fondée sur la confiance. Nous pouvions avoir des avis différents sur certaines techniques, mais ces discussions faisaient avancer la réflexion. Pour un même assemblage, plusieurs méthodes sont parfois possibles. L’essentiel était de choisir celle qui me permettrait d’obtenir la meilleure qualité dans le temps imparti.

Comment gères-tu la pression ?
Le tir sportif m’avait déjà appris à composer avec le stress de la compétition. La pression ne disparaît pas, mais on apprend à la canaliser : respirer, se recentrer et avancer étape par étape. Lors des concours, les petites erreurs peuvent coûter très cher. Si une pièce est mal coupée, il faut éviter de s’énerver, limiter les conséquences et repartir immédiatement. La capacité d’adaptation est aussi importante que la technique.

Quel défi t’attendait à Shanghai ?
Le détail de l’épreuve n’a été dévoilé qu’au début du concours : nous disposions de 22 heures, réparties sur quatre jours, pour réaliser un petit escalier de trois marches muni d’une rambarde. La pièce était particulièrement technique. Mes 19 autres adversaires venaient des quatre coins du monde: Chine, Corée, Japon, Inde, Namibie, Brésil, France, Allemagne, Espagne, Danemark, Royaume-Uni... À l’issue de l’épreuve, j’étais déjà satisfait de mon travail : j’avais le sentiment de ne pas avoir commis d’erreur. Il ne me restait plus qu’à découvrir le classement…

Concrètement, comment as-tu appris que tu avais remporté la médaille de bronze ? 
C’est lors de la cérémonie de clôture, lorsque le drapeau suisse s’est affiché à l’écran, que j’ai compris que j'avais décroché une médaille. À cet instant, j’ai ressenti un immense bonheur, mais aussi un profond soulagement : après de longs mois d’entraînement, j’avais atteint l’objectif pour lequel je m’étais tant investi. Remporter une médaille, c'était l’aboutissement de plusieurs années d’apprentissage, de travail et de persévérance. Cette médaille récompense bien sûr ma performance, mais elle met aussi en valeur la formation professionnelle suisse et le savoir-faire neuchâtelois.

Qu’as-tu eu l’occasion de découvrir en Chine ? Quelles impressions gardes-tu de Shanghai ?
Nous avons eu peu de temps pour visiter, mais suffisamment pour mesurer l’immensité de Shanghai. Cette ville gigantesque, avec son climat, sa nourriture et son mode de vie très différents des nôtres, demande un certain temps d’adaptation. Découvrir cet environnement et rencontrer des personnes venues du monde entier a été une expérience très enrichissante.

Qui t’a soutenu dans cette aventure ?
Une préparation de cette ampleur représente un investissement considérable : six mois sans revenu, l’achat d’outillage et de nombreux entraînements à l’extérieur. J’ai heureusement pu compter sur le soutien d’UBS, sponsor des SwissSkills, du FAPP, de l’ANECEM et de la FRECEM. Une campagne de financement participatif, organisée par l’UNAM, l’ANECEM et la FRECEM, a également mobilisé les fonds d'autres associations, d'entreprises de menuiserie et de particuliers. Le CAAJ m’a offert un étau de menuiserie sur mesure, conçu et usiné spécialement pour moi. De son côté, la CNCI m’a remis une magnifique montre que j’ai portée pendant les épreuves, les montres connectées n’étant pas autorisées en compétition. Enfin, la vidéo de soutien réunissant plusieurs acteurs de la formation professionnelle neuchâteloise m’a énormément touché et donné un élan supplémentaire. Je suis ainsi parti à Shanghai encore plus déterminé à décrocher une médaille.

Je tiens à remercier tout particulièrement Loïc, qui m’a accompagné, conseillé et soutenu durant ces six mois. Il a été à la fois un repère technique précieux et un soutien essentiel dans les moments plus difficiles. Cette médaille est certainement le fruit de ce fantastique travail d’équipe. 

Comment as-tu vécu ton retour à Neuchâtel ?
L’accueil réservé à la gare de Neuchâtel, le 30 septembre, a été incroyable. Tout était parti d’une promesse lancée sur le ton de la plaisanterie par mon ami Melvin Evard : « Si tu remportes une médaille à Shanghai, je viendrai te chercher en limousine ! » Grâce à cette médaille, la boutade est devenue réalité. À mon arrivée à la gare de Neuchâtel, je n’en croyais ni mes yeux, ni mes oreilles : tant de monde, tant de bruit, le tintement des cloches, les applaudissements et les bravos… C’était juste magnifique. Loïc a lui aussi été chaleureusement applaudi. Après des mois d’efforts, vivre ce moment avec toutes les personnes qui nous avaient accompagnés a été vraiment très fort. 

Après cette médaille de bronze, quels sont tes prochains objectifs ?
Je n’ai pas encore de projet précis pour l’avenir. Pour l’instant, je souhaite surtout continuer à apprendre, à progresser et à me perfectionner dans mon métier. Malgré ce succès, j’ai encore tant de choses à découvrir.

Quel message souhaites-tu adresser aux jeunes qui se lancent dans un apprentissage ?
Le CFC ou l’AFP ne constitue pas un point final, mais un véritable point de départ. Ces diplômes ouvrent de nombreuses portes : ils permettent d’entrer dans la vie professionnelle avec des compétences concrètes, de gagner en autonomie et de construire progressivement son avenir. L’apprentissage offre aussi la possibilité de poursuivre sa formation, de se perfectionner, d’obtenir une maturité professionnelle, d’accéder à une école supérieure ou, un jour, de créer sa propre entreprise. L’essentiel est de croire en ses capacités, de rester curieux et de saisir les opportunités qui se présentent. 

Plus d'informations sur Augustin et son aventure

www.augustin-mettraux-aux-worldskills.ch

Augustin Mettraux, le bronze mondial au bout du ciseau

A la fin septembre, Augustin Mettraux a décroché le bronze aux WorldSkills de Shanghai. Une consécration qui couronne plusieurs mois de préparation intensive, avec le soutien de son coach Loïc Santschi. De ses premiers pas dans la profession à la conquête d'une médaille mondiale, Augustin nous raconte son histoire et son aventure.

Augustin, peux-tu nous parler un peu de toi ?
J’ai 20 ans et je vis à Fontainemelon. En juillet 2025, j’ai obtenu mon CFC de menuisier après quatre années d’apprentissage. Je cherchais un métier manuel, concret et varié : la menuiserie s’est vite imposée comme une évidence. Il faut dire que mon père est lui-même menuisier — ceci explique peut-être cela ! Plus sérieusement, je trouve formidable de pouvoir transformer une simple planche de bois en une multitude d’objets. En dehors de l’atelier, je pratique la course à pied et le tir sportif, et j’aime aussi passer du temps en montagne.

Comment l’aventure des concours de menuiserie a-t-elle commencé ?
J’ai participé aux premières qualifications cantonales sans vraiment connaître les SwissSkills et sans imaginer aller aussi loin. Après avoir remporté ce premier concours, l’envie de me mesurer aux meilleurs menuisiers de Suisse a grandi. Avec les huit autres participants qualifiés, nous avons suivi plusieurs week-ends d’entraînement et trois concours d’une journée. Je ne faisais pas partie des favoris, mais je savais que j’avais une chance de décrocher une médaille. Ma qualification pour les WorldSkills a ensuite ouvert un nouveau chapitre.

Que représentait la possibilité de participer aux WorldSkills ?
C’était une chance exceptionnelle et un grand honneur. Les WorldSkills réunissent les meilleurs jeunes professionnels du monde. Pouvoir défendre les couleurs de la menuiserie suisse sur cette scène était une expérience unique. Dès la fin des SwissSkills, j’ai consacré mes soirées et mes week-ends à préparer un nouvel outillage. Puis, à partir du mois de mars 2026, j’ai arrêté de travailler pour me consacrer entièrement à l’entraînement.

À quoi ont ressemblé ces mois de préparation ?
J’ai développé des méthodes de travail qui devaient être à la fois rapides, précises et fiables. J’ai réalisé des exercices spécifiques et des projets complets inspirés des éditions précédentes. Chaque séance permettait de cibler un point concret : gagner en efficacité, améliorer un assemblage, corriger un détail ou apprendre à mieux gérer le temps.

Avec Loïc Santschi, mon coach, nous avons construit une relation fondée sur la confiance. Nous pouvions avoir des avis différents sur certaines techniques, mais ces discussions faisaient avancer la réflexion. Pour un même assemblage, plusieurs méthodes sont parfois possibles. L’essentiel était de choisir celle qui me permettrait d’obtenir la meilleure qualité dans le temps imparti.

Comment gères-tu la pression ?
Le tir sportif m’avait déjà appris à composer avec le stress de la compétition. La pression ne disparaît pas, mais on apprend à la canaliser : respirer, se recentrer et avancer étape par étape. Lors des concours, les petites erreurs peuvent coûter très cher. Si une pièce est mal coupée, il faut éviter de s’énerver, limiter les conséquences et repartir immédiatement. La capacité d’adaptation est aussi importante que la technique.

Quel défi t’attendait à Shanghai ?
Le détail de l’épreuve n’a été dévoilé qu’au début du concours : nous disposions de 22 heures, réparties sur quatre jours, pour réaliser un petit escalier de trois marches muni d’une rambarde. La pièce était particulièrement technique. Mes 19 autres adversaires venaient des quatre coins du monde: Chine, Corée, Japon, Inde, Namibie, Brésil, France, Allemagne, Espagne, Danemark, Royaume-Uni... À l’issue de l’épreuve, j’étais déjà satisfait de mon travail : j’avais le sentiment de ne pas avoir commis d’erreur. Il ne me restait plus qu’à découvrir le classement…

Concrètement, comment as-tu appris que tu avais remporté la médaille de bronze ? 
C’est lors de la cérémonie de clôture, lorsque le drapeau suisse s’est affiché à l’écran, que j’ai compris que j'avais décroché une médaille. À cet instant, j’ai ressenti un immense bonheur, mais aussi un profond soulagement : après de longs mois d’entraînement, j’avais atteint l’objectif pour lequel je m’étais tant investi. Remporter une médaille, c'était l’aboutissement de plusieurs années d’apprentissage, de travail et de persévérance. Cette médaille récompense bien sûr ma performance, mais elle met aussi en valeur la formation professionnelle suisse et le savoir-faire neuchâtelois.

Qu’as-tu eu l’occasion de découvrir en Chine ? Quelles impressions gardes-tu de Shanghai ?
Nous avons eu peu de temps pour visiter, mais suffisamment pour mesurer l’immensité de Shanghai. Cette ville gigantesque, avec son climat, sa nourriture et son mode de vie très différents des nôtres, demande un certain temps d’adaptation. Découvrir cet environnement et rencontrer des personnes venues du monde entier a été une expérience très enrichissante.

Qui t’a soutenu dans cette aventure ?
Une préparation de cette ampleur représente un investissement considérable : six mois sans revenu, l’achat d’outillage et de nombreux entraînements à l’extérieur. J’ai heureusement pu compter sur le soutien d’UBS, sponsor des SwissSkills, du FAPP, de l’ANECEM et de la FRECEM. Une campagne de financement participatif, organisée par l’UNAM, l’ANECEM et la FRECEM, a également mobilisé les fonds d'autres associations, d'entreprises de menuiserie et de particuliers. Le CAAJ m’a offert un étau de menuiserie sur mesure, conçu et usiné spécialement pour moi. De son côté, la CNCI m’a remis une magnifique montre que j’ai portée pendant les épreuves, les montres connectées n’étant pas autorisées en compétition. Enfin, la vidéo de soutien réunissant plusieurs acteurs de la formation professionnelle neuchâteloise m’a énormément touché et donné un élan supplémentaire. Je suis ainsi parti à Shanghai encore plus déterminé à décrocher une médaille.

Je tiens à remercier tout particulièrement Loïc, qui m’a accompagné, conseillé et soutenu durant ces six mois. Il a été à la fois un repère technique précieux et un soutien essentiel dans les moments plus difficiles. Cette médaille est certainement le fruit de ce fantastique travail d’équipe. 

Comment as-tu vécu ton retour à Neuchâtel ?
L’accueil réservé à la gare de Neuchâtel, le 30 septembre, a été incroyable. Tout était parti d’une promesse lancée sur le ton de la plaisanterie par mon ami Melvin Evard : « Si tu remportes une médaille à Shanghai, je viendrai te chercher en limousine ! » Grâce à cette médaille, la boutade est devenue réalité. À mon arrivée à la gare de Neuchâtel, je n’en croyais ni mes yeux, ni mes oreilles : tant de monde, tant de bruit, le tintement des cloches, les applaudissements et les bravos… C’était juste magnifique. Loïc a lui aussi été chaleureusement applaudi. Après des mois d’efforts, vivre ce moment avec toutes les personnes qui nous avaient accompagnés a été vraiment très fort. 

Après cette médaille de bronze, quels sont tes prochains objectifs ?
Je n’ai pas encore de projet précis pour l’avenir. Pour l’instant, je souhaite surtout continuer à apprendre, à progresser et à me perfectionner dans mon métier. Malgré ce succès, j’ai encore tant de choses à découvrir.

Quel message souhaites-tu adresser aux jeunes qui se lancent dans un apprentissage ?
Le CFC ou l’AFP ne constitue pas un point final, mais un véritable point de départ. Ces diplômes ouvrent de nombreuses portes : ils permettent d’entrer dans la vie professionnelle avec des compétences concrètes, de gagner en autonomie et de construire progressivement son avenir. L’apprentissage offre aussi la possibilité de poursuivre sa formation, de se perfectionner, d’obtenir une maturité professionnelle, d’accéder à une école supérieure ou, un jour, de créer sa propre entreprise. L’essentiel est de croire en ses capacités, de rester curieux et de saisir les opportunités qui se présentent. 

Plus d'informations sur Augustin et son aventure

www.augustin-mettraux-aux-worldskills.ch

Augustin Mettraux, le bronze mondial au bout du ciseau

A la fin septembre, Augustin Mettraux a décroché le bronze aux WorldSkills de Shanghai. Une consécration qui couronne plusieurs mois de préparation intensive, avec le soutien de son coach Loïc Santschi. De ses premiers pas dans la profession à la conquête d'une médaille mondiale, Augustin nous raconte son histoire et son aventure.

Augustin, peux-tu nous parler un peu de toi ?
J’ai 20 ans et je vis à Fontainemelon. En juillet 2025, j’ai obtenu mon CFC de menuisier après quatre années d’apprentissage. Je cherchais un métier manuel, concret et varié : la menuiserie s’est vite imposée comme une évidence. Il faut dire que mon père est lui-même menuisier — ceci explique peut-être cela ! Plus sérieusement, je trouve formidable de pouvoir transformer une simple planche de bois en une multitude d’objets. En dehors de l’atelier, je pratique la course à pied et le tir sportif, et j’aime aussi passer du temps en montagne.

Comment l’aventure des concours de menuiserie a-t-elle commencé ?
J’ai participé aux premières qualifications cantonales sans vraiment connaître les SwissSkills et sans imaginer aller aussi loin. Après avoir remporté ce premier concours, l’envie de me mesurer aux meilleurs menuisiers de Suisse a grandi. Avec les huit autres participants qualifiés, nous avons suivi plusieurs week-ends d’entraînement et trois concours d’une journée. Je ne faisais pas partie des favoris, mais je savais que j’avais une chance de décrocher une médaille. Ma qualification pour les WorldSkills a ensuite ouvert un nouveau chapitre.

Que représentait la possibilité de participer aux WorldSkills ?
C’était une chance exceptionnelle et un grand honneur. Les WorldSkills réunissent les meilleurs jeunes professionnels du monde. Pouvoir défendre les couleurs de la menuiserie suisse sur cette scène était une expérience unique. Dès la fin des SwissSkills, j’ai consacré mes soirées et mes week-ends à préparer un nouvel outillage. Puis, à partir du mois de mars 2026, j’ai arrêté de travailler pour me consacrer entièrement à l’entraînement.

À quoi ont ressemblé ces mois de préparation ?
J’ai développé des méthodes de travail qui devaient être à la fois rapides, précises et fiables. J’ai réalisé des exercices spécifiques et des projets complets inspirés des éditions précédentes. Chaque séance permettait de cibler un point concret : gagner en efficacité, améliorer un assemblage, corriger un détail ou apprendre à mieux gérer le temps.

Avec Loïc Santschi, mon coach, nous avons construit une relation fondée sur la confiance. Nous pouvions avoir des avis différents sur certaines techniques, mais ces discussions faisaient avancer la réflexion. Pour un même assemblage, plusieurs méthodes sont parfois possibles. L’essentiel était de choisir celle qui me permettrait d’obtenir la meilleure qualité dans le temps imparti.

Comment gères-tu la pression ?
Le tir sportif m’avait déjà appris à composer avec le stress de la compétition. La pression ne disparaît pas, mais on apprend à la canaliser : respirer, se recentrer et avancer étape par étape. Lors des concours, les petites erreurs peuvent coûter très cher. Si une pièce est mal coupée, il faut éviter de s’énerver, limiter les conséquences et repartir immédiatement. La capacité d’adaptation est aussi importante que la technique.

Quel défi t’attendait à Shanghai ?
Le détail de l’épreuve n’a été dévoilé qu’au début du concours : nous disposions de 22 heures, réparties sur quatre jours, pour réaliser un petit escalier de trois marches muni d’une rambarde. La pièce était particulièrement technique. Mes 19 autres adversaires venaient des quatre coins du monde: Chine, Corée, Japon, Inde, Namibie, Brésil, France, Allemagne, Espagne, Danemark, Royaume-Uni... À l’issue de l’épreuve, j’étais déjà satisfait de mon travail : j’avais le sentiment de ne pas avoir commis d’erreur. Il ne me restait plus qu’à découvrir le classement…

Concrètement, comment as-tu appris que tu avais remporté la médaille de bronze ? 
C’est lors de la cérémonie de clôture, lorsque le drapeau suisse s’est affiché à l’écran, que j’ai compris que j'avais décroché une médaille. À cet instant, j’ai ressenti un immense bonheur, mais aussi un profond soulagement : après de longs mois d’entraînement, j’avais atteint l’objectif pour lequel je m’étais tant investi. Remporter une médaille, c'était l’aboutissement de plusieurs années d’apprentissage, de travail et de persévérance. Cette médaille récompense bien sûr ma performance, mais elle met aussi en valeur la formation professionnelle suisse et le savoir-faire neuchâtelois.

Qu’as-tu eu l’occasion de découvrir en Chine ? Quelles impressions gardes-tu de Shanghai ?
Nous avons eu peu de temps pour visiter, mais suffisamment pour mesurer l’immensité de Shanghai. Cette ville gigantesque, avec son climat, sa nourriture et son mode de vie très différents des nôtres, demande un certain temps d’adaptation. Découvrir cet environnement et rencontrer des personnes venues du monde entier a été une expérience très enrichissante.

Qui t’a soutenu dans cette aventure ?
Une préparation de cette ampleur représente un investissement considérable : six mois sans revenu, l’achat d’outillage et de nombreux entraînements à l’extérieur. J’ai heureusement pu compter sur le soutien d’UBS, sponsor des SwissSkills, du FAPP, de l’ANECEM et de la FRECEM. Une campagne de financement participatif, organisée par l’UNAM, l’ANECEM et la FRECEM, a également mobilisé les fonds d'autres associations, d'entreprises de menuiserie et de particuliers. Le CAAJ m’a offert un étau de menuiserie sur mesure, conçu et usiné spécialement pour moi. De son côté, la CNCI m’a remis une magnifique montre que j’ai portée pendant les épreuves, les montres connectées n’étant pas autorisées en compétition. Enfin, la vidéo de soutien réunissant plusieurs acteurs de la formation professionnelle neuchâteloise m’a énormément touché et donné un élan supplémentaire. Je suis ainsi parti à Shanghai encore plus déterminé à décrocher une médaille.

Je tiens à remercier tout particulièrement Loïc, qui m’a accompagné, conseillé et soutenu durant ces six mois. Il a été à la fois un repère technique précieux et un soutien essentiel dans les moments plus difficiles. Cette médaille est certainement le fruit de ce fantastique travail d’équipe. 

Comment as-tu vécu ton retour à Neuchâtel ?
L’accueil réservé à la gare de Neuchâtel, le 30 septembre, a été incroyable. Tout était parti d’une promesse lancée sur le ton de la plaisanterie par mon ami Melvin Evard : « Si tu remportes une médaille à Shanghai, je viendrai te chercher en limousine ! » Grâce à cette médaille, la boutade est devenue réalité. À mon arrivée à la gare de Neuchâtel, je n’en croyais ni mes yeux, ni mes oreilles : tant de monde, tant de bruit, le tintement des cloches, les applaudissements et les bravos… C’était juste magnifique. Loïc a lui aussi été chaleureusement applaudi. Après des mois d’efforts, vivre ce moment avec toutes les personnes qui nous avaient accompagnés a été vraiment très fort. 

Après cette médaille de bronze, quels sont tes prochains objectifs ?
Je n’ai pas encore de projet précis pour l’avenir. Pour l’instant, je souhaite surtout continuer à apprendre, à progresser et à me perfectionner dans mon métier. Malgré ce succès, j’ai encore tant de choses à découvrir.

Quel message souhaites-tu adresser aux jeunes qui se lancent dans un apprentissage ?
Le CFC ou l’AFP ne constitue pas un point final, mais un véritable point de départ. Ces diplômes ouvrent de nombreuses portes : ils permettent d’entrer dans la vie professionnelle avec des compétences concrètes, de gagner en autonomie et de construire progressivement son avenir. L’apprentissage offre aussi la possibilité de poursuivre sa formation, de se perfectionner, d’obtenir une maturité professionnelle, d’accéder à une école supérieure ou, un jour, de créer sa propre entreprise. L’essentiel est de croire en ses capacités, de rester curieux et de saisir les opportunités qui se présentent. 

Plus d'informations sur Augustin et son aventure

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De l’expérience au brevet fédéral: la VAE fait ses preuves dans le Canton de Neuchâtel

Le parcours de validation des acquis de l’expérience (VAE), désormais proposé dans le Canton de Neuchâtel, confirme sa pertinence auprès des femmes actives dans les PME. Géraldine Vuilliomenet, secrétaire de Femmes PME Suisse romande et membre du Comité de l’UNAM, revient sur les premiers résultats de cette démarche, les obstacles qui subsistent et les prochaines étapes pour mieux reconnaître les compétences acquises sur le terrain.

Une année après le lancement du parcours VAE dans le anton de Neuchâtel, quel premier bilan tirez-vous ?

Nous avons réussi à implanter cette possibilité de VAE dans le Canton de Neuchâtel où 5 candidates ont déposé leur dossier et à la faire connaître auprès des femmes actives dans les PME. Le premier bilan est très positif : 100 % des participant·e·s à la première édition se déclarent globalement très satisfait·e·s du parcours VAE menant au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME proposé par Femmes PME Suisse Romande, avec son partenaire Helvartis.

Un résultat unanime, qui dit surtout quelque chose de très concret : à quel point les participant·e·s avaient besoin d’être accompagné·e·s dans cette démarche. 

Au-delà de ces chiffres, les retours que nous avons reçus soulignent des bénéfices très concrets : une meilleure compréhension des attentes, une aide à la structuration du dossier et à l’utilisation du vocabulaire adéquat, mais aussi un accompagnement rassurant qui permet d’avancer sans se sentir seul·e. 

Les participant·e·s soulignent également la valorisation de leur expérience professionnelle, la prise de conscience des compétences acquises au fil des années et la richesse des échanges au sein du groupe.

Aujourd’hui, 10 candidat·e·s se sont inscrit·e·s aux prochains examens et s’apprêtent à défendre leur dossier d’équivalence le mois prochain. Les deux autres poursuivent leur démarche à leur rythme et avancent dans la constitution de leur dossier.

Et puis, pour un lancement, avoir pu constituer deux groupes complets, l’un à Neuchâtel et l’autre à Lausanne, est un autre signal très encourageant. Cela montre une vraie attente et un réel intérêt pour la VAE.

Pour une première édition, ce sont des résultats qui nous confortent dans notre conviction : l’expérience acquise sur le terrain mérite d’être reconnue et valorisée.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans l’expérience vécue par les participantes ? Les attentes des candidates correspondaient-elles à la réalité du parcours ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’entraide qui s’est très vite créée entre les candidat·e·s. Elles et ils venaient de cantons, de secteurs et d’univers professionnels très différents et, pourtant, se retrouvaient face à des problématiques étonnamment similaires. Cette diversité des parcours, confrontée à des réalités communes, a beaucoup nourri les échanges.

Parmi ces réalités communes, il y en a une qui m’a particulièrement frappée : la difficulté à mettre des mots sur ce que l’on fait au quotidien. À force de maîtriser un geste, une décision, une responsabilité, cela devient presque une évidence. On ne pense plus à le considérer comme une compétence, encore moins à le valoriser.

C’est précisément là que l’accompagnement prend tout son sens : aider les candidat·e·s à prendre du recul sur leur propre expérience, à identifier leurs compétences et à trouver les mots justes pour les faire valoir. 

Une participante l’a très bien exprimé : « Ce parcours est une excellente manière de passer en revue la somme des compétences mises en oeuvre au quotidien et qui sont parfois invisibles. C’est une occasion incroyable d’identifier des compétences, de légitimer un parcours et une expérience.».

Elle parle aussi du partage entre pairs et même d’une forme d’audit de sa PME. Et je trouve l’expression très juste. Les candidat·e·s viennent d’abord pour constituer leur dossier et faire reconnaître leurs compétences, mais le travail les amène aussi à regarder leur entreprise avec un peu plus de recul. À mieux voir ce qu’elles et ils font, comment ils le font, et parfois même pourquoi ils le font ainsi. C’est un effet du parcours auquel on ne pense pas forcément au départ, mais qui ressort clairement des échanges avec les participant·e·s. 

Quels obstacles freinent encore certaines femmes à se lancer dans le parcours de la VAE ? Comment les contournez-vous ?

Les freins sont assez faciles à identifier. Le premier, c’est le temps. Les femmes qui s’intéressent à la VAE dirigent ou co-dirigent souvent une PME. Leur quotidien est déjà dense et l’idée de se lancer dans une démarche supplémentaire peut rapidement sembler difficile à concilier avec leurs responsabilités.

Le deuxième frein est plus surprenant : elles ne mesurent pas toujours l’étendue de leurs propres compétences. Ce qu’elles font depuis dix ou quinze ans leur paraît parfois tellement naturel qu’elles ne pensent même plus à le considérer comme un savoir-faire à faire reconnaître.

Enfin, il y a la démarche elle-même. La VAE reste encore mal connue et le dossier peut impressionner : comprendre ce qui est attendu, choisir les bonnes expériences, trouver les mots pour expliquer ce que l’on fait et démontrer ses compétences.

Notre réponse tient donc en trois mots : du temps, une méthode et un accompagnement. C’est pour cela que le parcours se déroule sur 5 jours répartis sur 6 mois. Il permet d’avancer progressivement, sans mettre son activité professionnelle entre parenthèses, tout en bénéficiant de l’accompagnement du groupe et d’outils comme l’intelligence artificielle.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle est-elle différemment perçue en Suisse romande que dans le reste de la Suisse ?

Je ne parlerais pas forcément d’une différence de perception entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. La reconnaissance de l’expérience professionnelle est un enjeu national et la possibilité d’accéder au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME en faisant reconnaître son expérience existe dans toute la Suisse.

Ce qui varie peut-être davantage, c’est la connaissance de cette voie et la manière dont elle est portée localement.

Femmes PME Suisse travaille sur la reconnaissance de l’expérience professionnelle depuis de nombreuses années au niveau national. En Suisse romande, nous constatons qu’il reste encore un vrai travail d’information à faire : beaucoup de femmes qui auraient le profil pour entreprendre cette démarche ignorent tout simplement qu’elle existe.

C’est assez paradoxal : elles dirigent, co-dirigent, gèrent des équipes, des finances, des fournisseurs ou des clients depuis des années, mais ne savent pas nécessairement que cette expérience peut leur ouvrir la voie vers un brevet fédéral.

L’enjeu, en Suisse romande comme ailleurs, est donc peut-être moins de convaincre de la  valeur de l’expérience que de faire connaître les moyens qui existent pour lui donner une reconnaissance officielle.

Quelles sont les prochaines étapes pour consolider cette offre dans le Canton de Neuchâtel ? Souhaitez-vous élargir ou renforcer ce dispositif à l’avenir ? Si oui, comment ?

Notre priorité aujourd’hui, c’est de pérenniser cette offre dans le canton de Neuchâtel et à Lausanne. Et nous sommes déjà dans le concret puisqu’une deuxième édition est lancée.

L’idée n’est pas simplement de reconduire le parcours d’année en année, mais de l’ancrer durablement dans le tissu économique local. Pour cela, nous souhaitons renforcer encore les liens avec les acteurs locaux qui nous accompagnent, notamment la CNCI, l'UNAM, eureka FORMATION et la FER Neuchâtel dansle canton de neuchâtel. Ce sont des relais essentiels pour faire connaître cette voie auprès des femmes et des professionnel·le·s qui ont l’expérience requise.

Nous aimerions aussi créer progressivement un noyau d’ancien·ne·s participant·e·s et, demain, de diplômé·e·s. L’idée serait qu’elles et ils puissent témoigner de leur expérience, partager leurs conseils et, pourquoi pas, accompagner ou encourager celles et ceux qui hésitent encore à se lancer.

Quelles sont les prochaines échéances à tenir pour la prochaine VAE ?

Nous lançons une nouvelle édition du parcours VAE, à nouveau dans les régions de Lausanne et de Neuchâtel. À Neuchâtel, le démarrage est prévu les 5 et 6 novembre 2026, puis les 25 et 26 février 2027, avec une dernière journée le 28 mai 2027. À Lausanne, le parcours débutera les 22 et 23 octobre 2026, avec deux nouvelles journées les 18 et 19 février 2027, puis une dernière journée le 21 mai 2027.

Autres informations

www.helvartis.ch/fr/accompagnement-vae

De l’expérience au brevet fédéral: la VAE fait ses preuves dans le Canton de Neuchâtel

Le parcours de validation des acquis de l’expérience (VAE), désormais proposé dans le Canton de Neuchâtel, confirme sa pertinence auprès des femmes actives dans les PME. Géraldine Vuilliomenet, secrétaire de Femmes PME Suisse romande et membre du Comité de l’UNAM, revient sur les premiers résultats de cette démarche, les obstacles qui subsistent et les prochaines étapes pour mieux reconnaître les compétences acquises sur le terrain.

Une année après le lancement du parcours VAE dans le anton de Neuchâtel, quel premier bilan tirez-vous ?

Nous avons réussi à implanter cette possibilité de VAE dans le Canton de Neuchâtel où 5 candidates ont déposé leur dossier et à la faire connaître auprès des femmes actives dans les PME. Le premier bilan est très positif : 100 % des participant·e·s à la première édition se déclarent globalement très satisfait·e·s du parcours VAE menant au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME proposé par Femmes PME Suisse Romande, avec son partenaire Helvartis.

Un résultat unanime, qui dit surtout quelque chose de très concret : à quel point les participant·e·s avaient besoin d’être accompagné·e·s dans cette démarche. 

Au-delà de ces chiffres, les retours que nous avons reçus soulignent des bénéfices très concrets : une meilleure compréhension des attentes, une aide à la structuration du dossier et à l’utilisation du vocabulaire adéquat, mais aussi un accompagnement rassurant qui permet d’avancer sans se sentir seul·e. 

Les participant·e·s soulignent également la valorisation de leur expérience professionnelle, la prise de conscience des compétences acquises au fil des années et la richesse des échanges au sein du groupe.

Aujourd’hui, 10 candidat·e·s se sont inscrit·e·s aux prochains examens et s’apprêtent à défendre leur dossier d’équivalence le mois prochain. Les deux autres poursuivent leur démarche à leur rythme et avancent dans la constitution de leur dossier.

Et puis, pour un lancement, avoir pu constituer deux groupes complets, l’un à Neuchâtel et l’autre à Lausanne, est un autre signal très encourageant. Cela montre une vraie attente et un réel intérêt pour la VAE.

Pour une première édition, ce sont des résultats qui nous confortent dans notre conviction : l’expérience acquise sur le terrain mérite d’être reconnue et valorisée.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans l’expérience vécue par les participantes ? Les attentes des candidates correspondaient-elles à la réalité du parcours ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’entraide qui s’est très vite créée entre les candidat·e·s. Elles et ils venaient de cantons, de secteurs et d’univers professionnels très différents et, pourtant, se retrouvaient face à des problématiques étonnamment similaires. Cette diversité des parcours, confrontée à des réalités communes, a beaucoup nourri les échanges.

Parmi ces réalités communes, il y en a une qui m’a particulièrement frappée : la difficulté à mettre des mots sur ce que l’on fait au quotidien. À force de maîtriser un geste, une décision, une responsabilité, cela devient presque une évidence. On ne pense plus à le considérer comme une compétence, encore moins à le valoriser.

C’est précisément là que l’accompagnement prend tout son sens : aider les candidat·e·s à prendre du recul sur leur propre expérience, à identifier leurs compétences et à trouver les mots justes pour les faire valoir. 

Une participante l’a très bien exprimé : « Ce parcours est une excellente manière de passer en revue la somme des compétences mises en oeuvre au quotidien et qui sont parfois invisibles. C’est une occasion incroyable d’identifier des compétences, de légitimer un parcours et une expérience.».

Elle parle aussi du partage entre pairs et même d’une forme d’audit de sa PME. Et je trouve l’expression très juste. Les candidat·e·s viennent d’abord pour constituer leur dossier et faire reconnaître leurs compétences, mais le travail les amène aussi à regarder leur entreprise avec un peu plus de recul. À mieux voir ce qu’elles et ils font, comment ils le font, et parfois même pourquoi ils le font ainsi. C’est un effet du parcours auquel on ne pense pas forcément au départ, mais qui ressort clairement des échanges avec les participant·e·s. 

Quels obstacles freinent encore certaines femmes à se lancer dans le parcours de la VAE ? Comment les contournez-vous ?

Les freins sont assez faciles à identifier. Le premier, c’est le temps. Les femmes qui s’intéressent à la VAE dirigent ou co-dirigent souvent une PME. Leur quotidien est déjà dense et l’idée de se lancer dans une démarche supplémentaire peut rapidement sembler difficile à concilier avec leurs responsabilités.

Le deuxième frein est plus surprenant : elles ne mesurent pas toujours l’étendue de leurs propres compétences. Ce qu’elles font depuis dix ou quinze ans leur paraît parfois tellement naturel qu’elles ne pensent même plus à le considérer comme un savoir-faire à faire reconnaître.

Enfin, il y a la démarche elle-même. La VAE reste encore mal connue et le dossier peut impressionner : comprendre ce qui est attendu, choisir les bonnes expériences, trouver les mots pour expliquer ce que l’on fait et démontrer ses compétences.

Notre réponse tient donc en trois mots : du temps, une méthode et un accompagnement. C’est pour cela que le parcours se déroule sur 5 jours répartis sur 6 mois. Il permet d’avancer progressivement, sans mettre son activité professionnelle entre parenthèses, tout en bénéficiant de l’accompagnement du groupe et d’outils comme l’intelligence artificielle.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle est-elle différemment perçue en Suisse romande que dans le reste de la Suisse ?

Je ne parlerais pas forcément d’une différence de perception entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. La reconnaissance de l’expérience professionnelle est un enjeu national et la possibilité d’accéder au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME en faisant reconnaître son expérience existe dans toute la Suisse.

Ce qui varie peut-être davantage, c’est la connaissance de cette voie et la manière dont elle est portée localement.

Femmes PME Suisse travaille sur la reconnaissance de l’expérience professionnelle depuis de nombreuses années au niveau national. En Suisse romande, nous constatons qu’il reste encore un vrai travail d’information à faire : beaucoup de femmes qui auraient le profil pour entreprendre cette démarche ignorent tout simplement qu’elle existe.

C’est assez paradoxal : elles dirigent, co-dirigent, gèrent des équipes, des finances, des fournisseurs ou des clients depuis des années, mais ne savent pas nécessairement que cette expérience peut leur ouvrir la voie vers un brevet fédéral.

L’enjeu, en Suisse romande comme ailleurs, est donc peut-être moins de convaincre de la  valeur de l’expérience que de faire connaître les moyens qui existent pour lui donner une reconnaissance officielle.

Quelles sont les prochaines étapes pour consolider cette offre dans le Canton de Neuchâtel ? Souhaitez-vous élargir ou renforcer ce dispositif à l’avenir ? Si oui, comment ?

Notre priorité aujourd’hui, c’est de pérenniser cette offre dans le canton de Neuchâtel et à Lausanne. Et nous sommes déjà dans le concret puisqu’une deuxième édition est lancée.

L’idée n’est pas simplement de reconduire le parcours d’année en année, mais de l’ancrer durablement dans le tissu économique local. Pour cela, nous souhaitons renforcer encore les liens avec les acteurs locaux qui nous accompagnent, notamment la CNCI, l'UNAM, eureka FORMATION et la FER Neuchâtel dansle canton de neuchâtel. Ce sont des relais essentiels pour faire connaître cette voie auprès des femmes et des professionnel·le·s qui ont l’expérience requise.

Nous aimerions aussi créer progressivement un noyau d’ancien·ne·s participant·e·s et, demain, de diplômé·e·s. L’idée serait qu’elles et ils puissent témoigner de leur expérience, partager leurs conseils et, pourquoi pas, accompagner ou encourager celles et ceux qui hésitent encore à se lancer.

Quelles sont les prochaines échéances à tenir pour la prochaine VAE ?

Nous lançons une nouvelle édition du parcours VAE, à nouveau dans les régions de Lausanne et de Neuchâtel. À Neuchâtel, le démarrage est prévu les 5 et 6 novembre 2026, puis les 25 et 26 février 2027, avec une dernière journée le 28 mai 2027. À Lausanne, le parcours débutera les 22 et 23 octobre 2026, avec deux nouvelles journées les 18 et 19 février 2027, puis une dernière journée le 21 mai 2027.

Autres informations

www.helvartis.ch/fr/accompagnement-vae