De l’expérience au brevet fédéral: la VAE fait ses preuves dans le Canton de Neuchâtel

Le parcours de validation des acquis de l’expérience (VAE), désormais proposé dans le Canton de Neuchâtel, confirme sa pertinence auprès des femmes actives dans les PME. Géraldine Vuilliomenet, secrétaire de Femmes PME Suisse romande et membre du Comité de l’UNAM, revient sur les premiers résultats de cette démarche, les obstacles qui subsistent et les prochaines étapes pour mieux reconnaître les compétences acquises sur le terrain.

Une année après le lancement du parcours VAE dans le anton de Neuchâtel, quel premier bilan tirez-vous ?

Nous avons réussi à implanter cette possibilité de VAE dans le Canton de Neuchâtel où 5 candidates ont déposé leur dossier et à la faire connaître auprès des femmes actives dans les PME. Le premier bilan est très positif : 100 % des participant·e·s à la première édition se déclarent globalement très satisfait·e·s du parcours VAE menant au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME proposé par Femmes PME Suisse Romande, avec son partenaire Helvartis.

Un résultat unanime, qui dit surtout quelque chose de très concret : à quel point les participant·e·s avaient besoin d’être accompagné·e·s dans cette démarche. 

Au-delà de ces chiffres, les retours que nous avons reçus soulignent des bénéfices très concrets : une meilleure compréhension des attentes, une aide à la structuration du dossier et à l’utilisation du vocabulaire adéquat, mais aussi un accompagnement rassurant qui permet d’avancer sans se sentir seul·e. 

Les participant·e·s soulignent également la valorisation de leur expérience professionnelle, la prise de conscience des compétences acquises au fil des années et la richesse des échanges au sein du groupe.

Aujourd’hui, 10 candidat·e·s se sont inscrit·e·s aux prochains examens et s’apprêtent à défendre leur dossier d’équivalence le mois prochain. Les deux autres poursuivent leur démarche à leur rythme et avancent dans la constitution de leur dossier.

Et puis, pour un lancement, avoir pu constituer deux groupes complets, l’un à Neuchâtel et l’autre à Lausanne, est un autre signal très encourageant. Cela montre une vraie attente et un réel intérêt pour la VAE.

Pour une première édition, ce sont des résultats qui nous confortent dans notre conviction : l’expérience acquise sur le terrain mérite d’être reconnue et valorisée.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans l’expérience vécue par les participantes ? Les attentes des candidates correspondaient-elles à la réalité du parcours ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’entraide qui s’est très vite créée entre les candidat·e·s. Elles et ils venaient de cantons, de secteurs et d’univers professionnels très différents et, pourtant, se retrouvaient face à des problématiques étonnamment similaires. Cette diversité des parcours, confrontée à des réalités communes, a beaucoup nourri les échanges.

Parmi ces réalités communes, il y en a une qui m’a particulièrement frappée : la difficulté à mettre des mots sur ce que l’on fait au quotidien. À force de maîtriser un geste, une décision, une responsabilité, cela devient presque une évidence. On ne pense plus à le considérer comme une compétence, encore moins à le valoriser.

C’est précisément là que l’accompagnement prend tout son sens : aider les candidat·e·s à prendre du recul sur leur propre expérience, à identifier leurs compétences et à trouver les mots justes pour les faire valoir. 

Une participante l’a très bien exprimé : « Ce parcours est une excellente manière de passer en revue la somme des compétences mises en oeuvre au quotidien et qui sont parfois invisibles. C’est une occasion incroyable d’identifier des compétences, de légitimer un parcours et une expérience.».

Elle parle aussi du partage entre pairs et même d’une forme d’audit de sa PME. Et je trouve l’expression très juste. Les candidat·e·s viennent d’abord pour constituer leur dossier et faire reconnaître leurs compétences, mais le travail les amène aussi à regarder leur entreprise avec un peu plus de recul. À mieux voir ce qu’elles et ils font, comment ils le font, et parfois même pourquoi ils le font ainsi. C’est un effet du parcours auquel on ne pense pas forcément au départ, mais qui ressort clairement des échanges avec les participant·e·s. 

Quels obstacles freinent encore certaines femmes à se lancer dans le parcours de la VAE ? Comment les contournez-vous ?

Les freins sont assez faciles à identifier. Le premier, c’est le temps. Les femmes qui s’intéressent à la VAE dirigent ou co-dirigent souvent une PME. Leur quotidien est déjà dense et l’idée de se lancer dans une démarche supplémentaire peut rapidement sembler difficile à concilier avec leurs responsabilités.

Le deuxième frein est plus surprenant : elles ne mesurent pas toujours l’étendue de leurs propres compétences. Ce qu’elles font depuis dix ou quinze ans leur paraît parfois tellement naturel qu’elles ne pensent même plus à le considérer comme un savoir-faire à faire reconnaître.

Enfin, il y a la démarche elle-même. La VAE reste encore mal connue et le dossier peut impressionner : comprendre ce qui est attendu, choisir les bonnes expériences, trouver les mots pour expliquer ce que l’on fait et démontrer ses compétences.

Notre réponse tient donc en trois mots : du temps, une méthode et un accompagnement. C’est pour cela que le parcours se déroule sur 5 jours répartis sur 6 mois. Il permet d’avancer progressivement, sans mettre son activité professionnelle entre parenthèses, tout en bénéficiant de l’accompagnement du groupe et d’outils comme l’intelligence artificielle.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle est-elle différemment perçue en Suisse romande que dans le reste de la Suisse ?

Je ne parlerais pas forcément d’une différence de perception entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. La reconnaissance de l’expérience professionnelle est un enjeu national et la possibilité d’accéder au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME en faisant reconnaître son expérience existe dans toute la Suisse.

Ce qui varie peut-être davantage, c’est la connaissance de cette voie et la manière dont elle est portée localement.

Femmes PME Suisse travaille sur la reconnaissance de l’expérience professionnelle depuis de nombreuses années au niveau national. En Suisse romande, nous constatons qu’il reste encore un vrai travail d’information à faire : beaucoup de femmes qui auraient le profil pour entreprendre cette démarche ignorent tout simplement qu’elle existe.

C’est assez paradoxal : elles dirigent, co-dirigent, gèrent des équipes, des finances, des fournisseurs ou des clients depuis des années, mais ne savent pas nécessairement que cette expérience peut leur ouvrir la voie vers un brevet fédéral.

L’enjeu, en Suisse romande comme ailleurs, est donc peut-être moins de convaincre de la  valeur de l’expérience que de faire connaître les moyens qui existent pour lui donner une reconnaissance officielle.

Quelles sont les prochaines étapes pour consolider cette offre dans le Canton de Neuchâtel ? Souhaitez-vous élargir ou renforcer ce dispositif à l’avenir ? Si oui, comment ?

Notre priorité aujourd’hui, c’est de pérenniser cette offre dans le canton de Neuchâtel et à Lausanne. Et nous sommes déjà dans le concret puisqu’une deuxième édition est lancée.

L’idée n’est pas simplement de reconduire le parcours d’année en année, mais de l’ancrer durablement dans le tissu économique local. Pour cela, nous souhaitons renforcer encore les liens avec les acteurs locaux qui nous accompagnent, notamment la CNCI, l'UNAM, eureka FORMATION et la FER Neuchâtel dansle canton de neuchâtel. Ce sont des relais essentiels pour faire connaître cette voie auprès des femmes et des professionnel·le·s qui ont l’expérience requise.

Nous aimerions aussi créer progressivement un noyau d’ancien·ne·s participant·e·s et, demain, de diplômé·e·s. L’idée serait qu’elles et ils puissent témoigner de leur expérience, partager leurs conseils et, pourquoi pas, accompagner ou encourager celles et ceux qui hésitent encore à se lancer.

Quelles sont les prochaines échéances à tenir pour la prochaine VAE ?

Nous lançons une nouvelle édition du parcours VAE, à nouveau dans les régions de Lausanne et de Neuchâtel. À Neuchâtel, le démarrage est prévu les 5 et 6 novembre 2026, puis les 25 et 26 février 2027, avec une dernière journée le 28 mai 2027. À Lausanne, le parcours débutera les 22 et 23 octobre 2026, avec deux nouvelles journées les 18 et 19 février 2027, puis une dernière journée le 21 mai 2027.

Autres informations

www.helvartis.ch/fr/accompagnement-vae

De l’expérience au brevet fédéral: la VAE fait ses preuves dans le Canton de Neuchâtel

Le parcours de validation des acquis de l’expérience (VAE), désormais proposé dans le Canton de Neuchâtel, confirme sa pertinence auprès des femmes actives dans les PME. Géraldine Vuilliomenet, secrétaire de Femmes PME Suisse romande et membre du Comité de l’UNAM, revient sur les premiers résultats de cette démarche, les obstacles qui subsistent et les prochaines étapes pour mieux reconnaître les compétences acquises sur le terrain.

Une année après le lancement du parcours VAE dans le anton de Neuchâtel, quel premier bilan tirez-vous ?

Nous avons réussi à implanter cette possibilité de VAE dans le Canton de Neuchâtel où 5 candidates ont déposé leur dossier et à la faire connaître auprès des femmes actives dans les PME. Le premier bilan est très positif : 100 % des participant·e·s à la première édition se déclarent globalement très satisfait·e·s du parcours VAE menant au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME proposé par Femmes PME Suisse Romande, avec son partenaire Helvartis.

Un résultat unanime, qui dit surtout quelque chose de très concret : à quel point les participant·e·s avaient besoin d’être accompagné·e·s dans cette démarche. 

Au-delà de ces chiffres, les retours que nous avons reçus soulignent des bénéfices très concrets : une meilleure compréhension des attentes, une aide à la structuration du dossier et à l’utilisation du vocabulaire adéquat, mais aussi un accompagnement rassurant qui permet d’avancer sans se sentir seul·e. 

Les participant·e·s soulignent également la valorisation de leur expérience professionnelle, la prise de conscience des compétences acquises au fil des années et la richesse des échanges au sein du groupe.

Aujourd’hui, 10 candidat·e·s se sont inscrit·e·s aux prochains examens et s’apprêtent à défendre leur dossier d’équivalence le mois prochain. Les deux autres poursuivent leur démarche à leur rythme et avancent dans la constitution de leur dossier.

Et puis, pour un lancement, avoir pu constituer deux groupes complets, l’un à Neuchâtel et l’autre à Lausanne, est un autre signal très encourageant. Cela montre une vraie attente et un réel intérêt pour la VAE.

Pour une première édition, ce sont des résultats qui nous confortent dans notre conviction : l’expérience acquise sur le terrain mérite d’être reconnue et valorisée.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans l’expérience vécue par les participantes ? Les attentes des candidates correspondaient-elles à la réalité du parcours ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’entraide qui s’est très vite créée entre les candidat·e·s. Elles et ils venaient de cantons, de secteurs et d’univers professionnels très différents et, pourtant, se retrouvaient face à des problématiques étonnamment similaires. Cette diversité des parcours, confrontée à des réalités communes, a beaucoup nourri les échanges.

Parmi ces réalités communes, il y en a une qui m’a particulièrement frappée : la difficulté à mettre des mots sur ce que l’on fait au quotidien. À force de maîtriser un geste, une décision, une responsabilité, cela devient presque une évidence. On ne pense plus à le considérer comme une compétence, encore moins à le valoriser.

C’est précisément là que l’accompagnement prend tout son sens : aider les candidat·e·s à prendre du recul sur leur propre expérience, à identifier leurs compétences et à trouver les mots justes pour les faire valoir. 

Une participante l’a très bien exprimé : « Ce parcours est une excellente manière de passer en revue la somme des compétences mises en oeuvre au quotidien et qui sont parfois invisibles. C’est une occasion incroyable d’identifier des compétences, de légitimer un parcours et une expérience.».

Elle parle aussi du partage entre pairs et même d’une forme d’audit de sa PME. Et je trouve l’expression très juste. Les candidat·e·s viennent d’abord pour constituer leur dossier et faire reconnaître leurs compétences, mais le travail les amène aussi à regarder leur entreprise avec un peu plus de recul. À mieux voir ce qu’elles et ils font, comment ils le font, et parfois même pourquoi ils le font ainsi. C’est un effet du parcours auquel on ne pense pas forcément au départ, mais qui ressort clairement des échanges avec les participant·e·s. 

Quels obstacles freinent encore certaines femmes à se lancer dans le parcours de la VAE ? Comment les contournez-vous ?

Les freins sont assez faciles à identifier. Le premier, c’est le temps. Les femmes qui s’intéressent à la VAE dirigent ou co-dirigent souvent une PME. Leur quotidien est déjà dense et l’idée de se lancer dans une démarche supplémentaire peut rapidement sembler difficile à concilier avec leurs responsabilités.

Le deuxième frein est plus surprenant : elles ne mesurent pas toujours l’étendue de leurs propres compétences. Ce qu’elles font depuis dix ou quinze ans leur paraît parfois tellement naturel qu’elles ne pensent même plus à le considérer comme un savoir-faire à faire reconnaître.

Enfin, il y a la démarche elle-même. La VAE reste encore mal connue et le dossier peut impressionner : comprendre ce qui est attendu, choisir les bonnes expériences, trouver les mots pour expliquer ce que l’on fait et démontrer ses compétences.

Notre réponse tient donc en trois mots : du temps, une méthode et un accompagnement. C’est pour cela que le parcours se déroule sur 5 jours répartis sur 6 mois. Il permet d’avancer progressivement, sans mettre son activité professionnelle entre parenthèses, tout en bénéficiant de l’accompagnement du groupe et d’outils comme l’intelligence artificielle.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle est-elle différemment perçue en Suisse romande que dans le reste de la Suisse ?

Je ne parlerais pas forcément d’une différence de perception entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. La reconnaissance de l’expérience professionnelle est un enjeu national et la possibilité d’accéder au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME en faisant reconnaître son expérience existe dans toute la Suisse.

Ce qui varie peut-être davantage, c’est la connaissance de cette voie et la manière dont elle est portée localement.

Femmes PME Suisse travaille sur la reconnaissance de l’expérience professionnelle depuis de nombreuses années au niveau national. En Suisse romande, nous constatons qu’il reste encore un vrai travail d’information à faire : beaucoup de femmes qui auraient le profil pour entreprendre cette démarche ignorent tout simplement qu’elle existe.

C’est assez paradoxal : elles dirigent, co-dirigent, gèrent des équipes, des finances, des fournisseurs ou des clients depuis des années, mais ne savent pas nécessairement que cette expérience peut leur ouvrir la voie vers un brevet fédéral.

L’enjeu, en Suisse romande comme ailleurs, est donc peut-être moins de convaincre de la  valeur de l’expérience que de faire connaître les moyens qui existent pour lui donner une reconnaissance officielle.

Quelles sont les prochaines étapes pour consolider cette offre dans le Canton de Neuchâtel ? Souhaitez-vous élargir ou renforcer ce dispositif à l’avenir ? Si oui, comment ?

Notre priorité aujourd’hui, c’est de pérenniser cette offre dans le canton de Neuchâtel et à Lausanne. Et nous sommes déjà dans le concret puisqu’une deuxième édition est lancée.

L’idée n’est pas simplement de reconduire le parcours d’année en année, mais de l’ancrer durablement dans le tissu économique local. Pour cela, nous souhaitons renforcer encore les liens avec les acteurs locaux qui nous accompagnent, notamment la CNCI, l'UNAM, eureka FORMATION et la FER Neuchâtel dansle canton de neuchâtel. Ce sont des relais essentiels pour faire connaître cette voie auprès des femmes et des professionnel·le·s qui ont l’expérience requise.

Nous aimerions aussi créer progressivement un noyau d’ancien·ne·s participant·e·s et, demain, de diplômé·e·s. L’idée serait qu’elles et ils puissent témoigner de leur expérience, partager leurs conseils et, pourquoi pas, accompagner ou encourager celles et ceux qui hésitent encore à se lancer.

Quelles sont les prochaines échéances à tenir pour la prochaine VAE ?

Nous lançons une nouvelle édition du parcours VAE, à nouveau dans les régions de Lausanne et de Neuchâtel. À Neuchâtel, le démarrage est prévu les 5 et 6 novembre 2026, puis les 25 et 26 février 2027, avec une dernière journée le 28 mai 2027. À Lausanne, le parcours débutera les 22 et 23 octobre 2026, avec deux nouvelles journées les 18 et 19 février 2027, puis une dernière journée le 21 mai 2027.

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De l’expérience au brevet fédéral: la VAE fait ses preuves dans le Canton de Neuchâtel

Le parcours de validation des acquis de l’expérience (VAE), désormais proposé dans le Canton de Neuchâtel, confirme sa pertinence auprès des femmes actives dans les PME. Géraldine Vuilliomenet, secrétaire de Femmes PME Suisse romande et membre du Comité de l’UNAM, revient sur les premiers résultats de cette démarche, les obstacles qui subsistent et les prochaines étapes pour mieux reconnaître les compétences acquises sur le terrain.

Une année après le lancement du parcours VAE dans le anton de Neuchâtel, quel premier bilan tirez-vous ?

Nous avons réussi à implanter cette possibilité de VAE dans le Canton de Neuchâtel où 5 candidates ont déposé leur dossier et à la faire connaître auprès des femmes actives dans les PME. Le premier bilan est très positif : 100 % des participant·e·s à la première édition se déclarent globalement très satisfait·e·s du parcours VAE menant au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME proposé par Femmes PME Suisse Romande, avec son partenaire Helvartis.

Un résultat unanime, qui dit surtout quelque chose de très concret : à quel point les participant·e·s avaient besoin d’être accompagné·e·s dans cette démarche. 

Au-delà de ces chiffres, les retours que nous avons reçus soulignent des bénéfices très concrets : une meilleure compréhension des attentes, une aide à la structuration du dossier et à l’utilisation du vocabulaire adéquat, mais aussi un accompagnement rassurant qui permet d’avancer sans se sentir seul·e. 

Les participant·e·s soulignent également la valorisation de leur expérience professionnelle, la prise de conscience des compétences acquises au fil des années et la richesse des échanges au sein du groupe.

Aujourd’hui, 10 candidat·e·s se sont inscrit·e·s aux prochains examens et s’apprêtent à défendre leur dossier d’équivalence le mois prochain. Les deux autres poursuivent leur démarche à leur rythme et avancent dans la constitution de leur dossier.

Et puis, pour un lancement, avoir pu constituer deux groupes complets, l’un à Neuchâtel et l’autre à Lausanne, est un autre signal très encourageant. Cela montre une vraie attente et un réel intérêt pour la VAE.

Pour une première édition, ce sont des résultats qui nous confortent dans notre conviction : l’expérience acquise sur le terrain mérite d’être reconnue et valorisée.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans l’expérience vécue par les participantes ? Les attentes des candidates correspondaient-elles à la réalité du parcours ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’entraide qui s’est très vite créée entre les candidat·e·s. Elles et ils venaient de cantons, de secteurs et d’univers professionnels très différents et, pourtant, se retrouvaient face à des problématiques étonnamment similaires. Cette diversité des parcours, confrontée à des réalités communes, a beaucoup nourri les échanges.

Parmi ces réalités communes, il y en a une qui m’a particulièrement frappée : la difficulté à mettre des mots sur ce que l’on fait au quotidien. À force de maîtriser un geste, une décision, une responsabilité, cela devient presque une évidence. On ne pense plus à le considérer comme une compétence, encore moins à le valoriser.

C’est précisément là que l’accompagnement prend tout son sens : aider les candidat·e·s à prendre du recul sur leur propre expérience, à identifier leurs compétences et à trouver les mots justes pour les faire valoir. 

Une participante l’a très bien exprimé : « Ce parcours est une excellente manière de passer en revue la somme des compétences mises en oeuvre au quotidien et qui sont parfois invisibles. C’est une occasion incroyable d’identifier des compétences, de légitimer un parcours et une expérience.».

Elle parle aussi du partage entre pairs et même d’une forme d’audit de sa PME. Et je trouve l’expression très juste. Les candidat·e·s viennent d’abord pour constituer leur dossier et faire reconnaître leurs compétences, mais le travail les amène aussi à regarder leur entreprise avec un peu plus de recul. À mieux voir ce qu’elles et ils font, comment ils le font, et parfois même pourquoi ils le font ainsi. C’est un effet du parcours auquel on ne pense pas forcément au départ, mais qui ressort clairement des échanges avec les participant·e·s. 

Quels obstacles freinent encore certaines femmes à se lancer dans le parcours de la VAE ? Comment les contournez-vous ?

Les freins sont assez faciles à identifier. Le premier, c’est le temps. Les femmes qui s’intéressent à la VAE dirigent ou co-dirigent souvent une PME. Leur quotidien est déjà dense et l’idée de se lancer dans une démarche supplémentaire peut rapidement sembler difficile à concilier avec leurs responsabilités.

Le deuxième frein est plus surprenant : elles ne mesurent pas toujours l’étendue de leurs propres compétences. Ce qu’elles font depuis dix ou quinze ans leur paraît parfois tellement naturel qu’elles ne pensent même plus à le considérer comme un savoir-faire à faire reconnaître.

Enfin, il y a la démarche elle-même. La VAE reste encore mal connue et le dossier peut impressionner : comprendre ce qui est attendu, choisir les bonnes expériences, trouver les mots pour expliquer ce que l’on fait et démontrer ses compétences.

Notre réponse tient donc en trois mots : du temps, une méthode et un accompagnement. C’est pour cela que le parcours se déroule sur 5 jours répartis sur 6 mois. Il permet d’avancer progressivement, sans mettre son activité professionnelle entre parenthèses, tout en bénéficiant de l’accompagnement du groupe et d’outils comme l’intelligence artificielle.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle est-elle différemment perçue en Suisse romande que dans le reste de la Suisse ?

Je ne parlerais pas forcément d’une différence de perception entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. La reconnaissance de l’expérience professionnelle est un enjeu national et la possibilité d’accéder au Brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME en faisant reconnaître son expérience existe dans toute la Suisse.

Ce qui varie peut-être davantage, c’est la connaissance de cette voie et la manière dont elle est portée localement.

Femmes PME Suisse travaille sur la reconnaissance de l’expérience professionnelle depuis de nombreuses années au niveau national. En Suisse romande, nous constatons qu’il reste encore un vrai travail d’information à faire : beaucoup de femmes qui auraient le profil pour entreprendre cette démarche ignorent tout simplement qu’elle existe.

C’est assez paradoxal : elles dirigent, co-dirigent, gèrent des équipes, des finances, des fournisseurs ou des clients depuis des années, mais ne savent pas nécessairement que cette expérience peut leur ouvrir la voie vers un brevet fédéral.

L’enjeu, en Suisse romande comme ailleurs, est donc peut-être moins de convaincre de la  valeur de l’expérience que de faire connaître les moyens qui existent pour lui donner une reconnaissance officielle.

Quelles sont les prochaines étapes pour consolider cette offre dans le Canton de Neuchâtel ? Souhaitez-vous élargir ou renforcer ce dispositif à l’avenir ? Si oui, comment ?

Notre priorité aujourd’hui, c’est de pérenniser cette offre dans le canton de Neuchâtel et à Lausanne. Et nous sommes déjà dans le concret puisqu’une deuxième édition est lancée.

L’idée n’est pas simplement de reconduire le parcours d’année en année, mais de l’ancrer durablement dans le tissu économique local. Pour cela, nous souhaitons renforcer encore les liens avec les acteurs locaux qui nous accompagnent, notamment la CNCI, l'UNAM, eureka FORMATION et la FER Neuchâtel dansle canton de neuchâtel. Ce sont des relais essentiels pour faire connaître cette voie auprès des femmes et des professionnel·le·s qui ont l’expérience requise.

Nous aimerions aussi créer progressivement un noyau d’ancien·ne·s participant·e·s et, demain, de diplômé·e·s. L’idée serait qu’elles et ils puissent témoigner de leur expérience, partager leurs conseils et, pourquoi pas, accompagner ou encourager celles et ceux qui hésitent encore à se lancer.

Quelles sont les prochaines échéances à tenir pour la prochaine VAE ?

Nous lançons une nouvelle édition du parcours VAE, à nouveau dans les régions de Lausanne et de Neuchâtel. À Neuchâtel, le démarrage est prévu les 5 et 6 novembre 2026, puis les 25 et 26 février 2027, avec une dernière journée le 28 mai 2027. À Lausanne, le parcours débutera les 22 et 23 octobre 2026, avec deux nouvelles journées les 18 et 19 février 2027, puis une dernière journée le 21 mai 2027.

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Apprentissage : préserver un modèle qui fonctionne et corriger ce qui doit l’être

À la suite de l’émission de Temps Présent consacrée aux difficultés vécues par certains apprentis, les milieux économiques neuchâtelois prennent part au débat avec un regard de terrain, nourri par l’engagement des entreprises formatrices et par une enquête de la Haute école de gestion ARC. Celle-ci livre un résultat clair : 8 apprentis sur 10 se déclarent bien à très bien dans leur entreprise. Ce constat fonde une conviction forte : il faut écouter les jeunes et agir lorsque des problèmes apparaissent, tout en préservant un modèle de formation qui demeure l’une des grandes forces de notre canton.

Reconnaître les difficultés sans généraliser

Les témoignages d’apprenties et d’apprentis en souffrance doivent être entendus. Lorsqu’un jeune se sent démuni, humilié, insuffisamment accompagné ou empêché de parler, la situation appelle une attention immédiate. Une entreprise formatrice est un lieu de transmission, d’encadrement et de confiance : chaque cas problématique est un cas de trop.

Mais reconnaître ces situations ne signifie pas généraliser. L’apprentissage dual reste l’une des grandes forces de la Suisse. Il permet à des milliers de jeunes d’acquérir un métier, de gagner en autonomie et de construire un avenir solide. Dans le canton de Neuchâtel aussi, ce modèle repose sur l’engagement quotidien d’entreprises qui forment avec sérieux.

Des données qui invitent à la confiance

C’est pour objectiver le débat que 26 associations économiques et professionnelles neuchâteloises ont souhaité disposer d’une photographie précise du terrain. L’enquête de la HEG Arc auprès de 662 apprentis neuchâtelois et 478 entreprises formatrices apporte un éclairage essentiel. Elle montre que 80% des apprentis se sentent bien à très bien dans leur entreprise, 14% ni bien ni mal et 6% mal à très mal. Elle confirme aussi que la plupart des entreprises formatrices considèrent la formation comme un investissement dans l’avenir.

L’étude met aussi en évidence un élément rassurant : 60% des apprentis déclarent n’avoir jamais rencontré de difficultés sur leur lieu de travail. Parmi celles et ceux qui en signalent, les problèmes relèvent surtout d’aspects professionnels — relations avec le formateur, charge de travail, organisation ou relations interpersonnelles — ou personnels, comme la fatigue, la santé ou les difficultés scolaires. Chaque type de problème concerne toutefois moins de 10% des apprentis sondés. Ces constats permettent de replacer les difficultés dans leur juste proportion et d’alimenter un débat fondé à la fois sur des témoignages individuels et sur des données plus larges. Ils doivent aussi conduire à porter un regard critique sur les mesures à disposition des apprentis qui ressentent le besoin de parler ou de dénoncer leur situation : les outils existent et méritent avant tout d’être mieux connus, ou adaptés aux générations ultra connectées. Dans cet esprit, les associations mandantes de l’étude sont prêtes à examiner, avec les partenaires concernés, des pistes simples et concrètes, pour autant qu’elles restent faciles à mettre en œuvre, sans alourdir les démarches administratives des entreprises formatrices ni générer de coûts supplémentaires.

Protéger les jeunes et soutenir les entreprises formatrices

La protection des apprentis et la confiance envers les entreprises formatrices ne sont pas contradictoires : elles se renforcent mutuellement. Un apprentissage réussi suppose des jeunes bien informés, des formateurs disponibles, des entreprises soutenues et des autorités capables d’intervenir lorsque c’est nécessaire. C’est cette chaîne de responsabilité qui fait la force du système dual.

Les milieux économiques neuchâtelois sont favorables à des améliorations ciblées : mieux faire connaître les interlocuteurs auxquels les apprentis peuvent s’adresser, renforcer l’accompagnement des petites entreprises formatrices, encourager les bonnes pratiques et intervenir rapidement en cas de difficulté. La priorité doit être d’améliorer le système avec les entreprises, sans installer un climat de méfiance généralisée.

Former un apprenti demande du temps, de l’énergie et des ressources. Pour de nombreuses PME et entreprises artisanales, cet engagement représente un véritable effort. Les mesures envisagées doivent donc renforcer la qualité de la formation sans décourager celles qui ouvrent leurs portes aux jeunes.

Porter un message de responsabilité et d’apaisement

Dans un contexte sensible, la tentation peut être grande d’opposer défense des apprentis et défense des entreprises. Ce serait une erreur. Les milieux économiques neuchâtelois veulent porter un message simple : écouter les jeunes, corriger les failles lorsqu’elles existent et préserver un modèle qui a largement fait ses preuves.

Cet état d’esprit n’est pas une posture défensive, mais une responsabilité collective. Le canton de Neuchâtel a besoin d’entreprises formatrices. Il a aussi besoin d’apprentis motivés et capables de demander de l’aide en cas de difficulté. Ces deux exigences vont de pair.

Avancer sur une base solide

La grande enquête menée offre une base solide pour avancer. Elle montre que la situation globale est positive, tout en rappelant que la qualité de l’apprentissage doit rester une préoccupation permanente. C’est à partir de cette réalité équilibrée — sans angélisme ni défiance — que des solutions utiles pourront être trouvées.

Les associations économiques et professionnelles neuchâteloises continueront à s’engager pour une formation professionnelle de qualité, en partenariat avec les écoles, les autorités, les jeunes eux-mêmes et leurs familles. Car l’apprentissage n’appartient à aucun camp : il appartient à celles et ceux qui veulent transmettre, apprendre et construire l’avenir du canton.

Les prochaines semaines offriront aussi l’occasion de montrer une autre facette de l’apprentissage. Du 10 au 16 septembre, Capa’Cité, le Salon des métiers neuchâtelois, permettra à de nombreux jeunes de découvrir la richesse des formations professionnelles. Sur les stands, des apprenties et apprentis fiers de leur parcours partageront leur expérience et encourageront d’autres jeunes à choisir la voie duale.

À la fin du mois de septembre, le canton suivra aussi le parcours d’Augustin Mettraux aux WorldSkills. Le Vaudruzien y défendra les couleurs helvétiques en menuiserie. Là encore, l’apprentissage donnera à voir un jeune professionnel formé dans un métier concret, exigeant et porteur d’avenir, capable de représenter son canton et son pays sur la scène internationale.

Rassurer ne veut pas dire minimiser. Défendre l’apprentissage ne veut pas dire ignorer les difficultés. L’enjeu est de maintenir la confiance tout en renforçant les points d’appui. Les chiffres de l’enquête le rappellent : 80% des apprenties et apprentis se sentent bien à très bien dans leur entreprise, 14% ni bien ni mal et 6% mal à très mal.

À côté des situations à prendre au sérieux, il existe de nombreuses réussites, des vocations qui naissent, des jeunes qui progressent et des entreprises qui transmettent avec fierté. Ces belles images de l’apprentissage, dans les entreprises formatrices, à Capa’Cité ou aux WorldSkills, méritent elles aussi d’être entendues et relayées.

Liens

Temps Présent du 27 août (émission)

Article RTS, suite à la diffusion de l'émission Temps Présent du 27 août

Autre lien

Capa'Cité

Source photos : RTS Radio Télévision Suisse - Temps Présent – 2026 – Journaliste : Corinne Portier – Réalisatrice : Jacqueline Dubuis – Image : Eliane Ruckstuhl

Apprentissage : préserver un modèle qui fonctionne et corriger ce qui doit l’être

À la suite de l’émission de Temps Présent consacrée aux difficultés vécues par certains apprentis, les milieux économiques neuchâtelois prennent part au débat avec un regard de terrain, nourri par l’engagement des entreprises formatrices et par une enquête de la Haute école de gestion ARC. Celle-ci livre un résultat clair : 8 apprentis sur 10 se déclarent bien à très bien dans leur entreprise. Ce constat fonde une conviction forte : il faut écouter les jeunes et agir lorsque des problèmes apparaissent, tout en préservant un modèle de formation qui demeure l’une des grandes forces de notre canton.

Reconnaître les difficultés sans généraliser

Les témoignages d’apprenties et d’apprentis en souffrance doivent être entendus. Lorsqu’un jeune se sent démuni, humilié, insuffisamment accompagné ou empêché de parler, la situation appelle une attention immédiate. Une entreprise formatrice est un lieu de transmission, d’encadrement et de confiance : chaque cas problématique est un cas de trop.

Mais reconnaître ces situations ne signifie pas généraliser. L’apprentissage dual reste l’une des grandes forces de la Suisse. Il permet à des milliers de jeunes d’acquérir un métier, de gagner en autonomie et de construire un avenir solide. Dans le canton de Neuchâtel aussi, ce modèle repose sur l’engagement quotidien d’entreprises qui forment avec sérieux.

Des données qui invitent à la confiance

C’est pour objectiver le débat que 26 associations économiques et professionnelles neuchâteloises ont souhaité disposer d’une photographie précise du terrain. L’enquête de la HEG Arc auprès de 662 apprentis neuchâtelois et 478 entreprises formatrices apporte un éclairage essentiel. Elle montre que 80% des apprentis se sentent bien à très bien dans leur entreprise, 14% ni bien ni mal et 6% mal à très mal. Elle confirme aussi que la plupart des entreprises formatrices considèrent la formation comme un investissement dans l’avenir.

L’étude met aussi en évidence un élément rassurant : 60% des apprentis déclarent n’avoir jamais rencontré de difficultés sur leur lieu de travail. Parmi celles et ceux qui en signalent, les problèmes relèvent surtout d’aspects professionnels — relations avec le formateur, charge de travail, organisation ou relations interpersonnelles — ou personnels, comme la fatigue, la santé ou les difficultés scolaires. Chaque type de problème concerne toutefois moins de 10% des apprentis sondés. Ces constats permettent de replacer les difficultés dans leur juste proportion et d’alimenter un débat fondé à la fois sur des témoignages individuels et sur des données plus larges. Ils doivent aussi conduire à porter un regard critique sur les mesures à disposition des apprentis qui ressentent le besoin de parler ou de dénoncer leur situation : les outils existent et méritent avant tout d’être mieux connus, ou adaptés aux générations ultra connectées. Dans cet esprit, les associations mandantes de l’étude sont prêtes à examiner, avec les partenaires concernés, des pistes simples et concrètes, pour autant qu’elles restent faciles à mettre en œuvre, sans alourdir les démarches administratives des entreprises formatrices ni générer de coûts supplémentaires.

Protéger les jeunes et soutenir les entreprises formatrices

La protection des apprentis et la confiance envers les entreprises formatrices ne sont pas contradictoires : elles se renforcent mutuellement. Un apprentissage réussi suppose des jeunes bien informés, des formateurs disponibles, des entreprises soutenues et des autorités capables d’intervenir lorsque c’est nécessaire. C’est cette chaîne de responsabilité qui fait la force du système dual.

Les milieux économiques neuchâtelois sont favorables à des améliorations ciblées : mieux faire connaître les interlocuteurs auxquels les apprentis peuvent s’adresser, renforcer l’accompagnement des petites entreprises formatrices, encourager les bonnes pratiques et intervenir rapidement en cas de difficulté. La priorité doit être d’améliorer le système avec les entreprises, sans installer un climat de méfiance généralisée.

Former un apprenti demande du temps, de l’énergie et des ressources. Pour de nombreuses PME et entreprises artisanales, cet engagement représente un véritable effort. Les mesures envisagées doivent donc renforcer la qualité de la formation sans décourager celles qui ouvrent leurs portes aux jeunes.

Porter un message de responsabilité et d’apaisement

Dans un contexte sensible, la tentation peut être grande d’opposer défense des apprentis et défense des entreprises. Ce serait une erreur. Les milieux économiques neuchâtelois veulent porter un message simple : écouter les jeunes, corriger les failles lorsqu’elles existent et préserver un modèle qui a largement fait ses preuves.

Cet état d’esprit n’est pas une posture défensive, mais une responsabilité collective. Le canton de Neuchâtel a besoin d’entreprises formatrices. Il a aussi besoin d’apprentis motivés et capables de demander de l’aide en cas de difficulté. Ces deux exigences vont de pair.

Avancer sur une base solide

La grande enquête menée offre une base solide pour avancer. Elle montre que la situation globale est positive, tout en rappelant que la qualité de l’apprentissage doit rester une préoccupation permanente. C’est à partir de cette réalité équilibrée — sans angélisme ni défiance — que des solutions utiles pourront être trouvées.

Les associations économiques et professionnelles neuchâteloises continueront à s’engager pour une formation professionnelle de qualité, en partenariat avec les écoles, les autorités, les jeunes eux-mêmes et leurs familles. Car l’apprentissage n’appartient à aucun camp : il appartient à celles et ceux qui veulent transmettre, apprendre et construire l’avenir du canton.

Les prochaines semaines offriront aussi l’occasion de montrer une autre facette de l’apprentissage. Du 10 au 16 septembre, Capa’Cité, le Salon des métiers neuchâtelois, permettra à de nombreux jeunes de découvrir la richesse des formations professionnelles. Sur les stands, des apprenties et apprentis fiers de leur parcours partageront leur expérience et encourageront d’autres jeunes à choisir la voie duale.

À la fin du mois de septembre, le canton suivra aussi le parcours d’Augustin Mettraux aux WorldSkills. Le Vaudruzien y défendra les couleurs helvétiques en menuiserie. Là encore, l’apprentissage donnera à voir un jeune professionnel formé dans un métier concret, exigeant et porteur d’avenir, capable de représenter son canton et son pays sur la scène internationale.

Rassurer ne veut pas dire minimiser. Défendre l’apprentissage ne veut pas dire ignorer les difficultés. L’enjeu est de maintenir la confiance tout en renforçant les points d’appui. Les chiffres de l’enquête le rappellent : 80% des apprenties et apprentis se sentent bien à très bien dans leur entreprise, 14% ni bien ni mal et 6% mal à très mal.

À côté des situations à prendre au sérieux, il existe de nombreuses réussites, des vocations qui naissent, des jeunes qui progressent et des entreprises qui transmettent avec fierté. Ces belles images de l’apprentissage, dans les entreprises formatrices, à Capa’Cité ou aux WorldSkills, méritent elles aussi d’être entendues et relayées.

Liens

Temps Présent du 27 août (émission)

Article RTS, suite à la diffusion de l'émission Temps Présent du 27 août

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Capa'Cité

Source photos : RTS Radio Télévision Suisse - Temps Présent – 2026 – Journaliste : Corinne Portier – Réalisatrice : Jacqueline Dubuis – Image : Eliane Ruckstuhl