Tempête à La Chaux-de-Fonds et au Crêt-du-Locle: Informations sur la situation | Conseils très pratiques pour les sinistrés et les assurés

18 jours après la catastrophe de La Chaux-de-Fonds et au Crêt-du-Locle, Jean-Michel Brunner, Directeur de l'ECAP, et  Massimo Vitalba, Expert responsable sinistres, accueillent la CNCI. Ils reviennent sur le 24 juillet, dressent un parallèle avec d'autres catastrophes dans le Canton, donnent des conseils aux sinistrés et aux assurés. Ils livrent des détails sur les cas traités et précisent que le sinistre n'aura aucune influence sur le taux des primes 2024 de l'ECAP.

Comment a dû s’organiser l’ECAP le 24 juillet 2023 et les jours suivants ? En termes d’organisation, de logistique et de ressources humaines qu’avez-vous dû spécialement aménager ?

Nous avons intégré dès le début la cellule de crise mise sur pied. Cela nous a permis, en collaboration avec les différents services de l'Etat, pompiers, protection civile, police, autorités communales et cantonales, etc. de prendre connaissance de l'ampleur des dégâts dans la région, de coordonner les décisions et actions, d'assurer la prise de mesures d'urgence, bâchages, déconstructions, etc.

À l'interne des ressources supplémentaires ont été engagées afin de pouvoir assurer le travail administratif de traitement des dossiers de sinistre. La procédure de crise a été mise en place rapidement et le personnel présent mobilisé pour répondre aux appels téléphoniques.

Sur la base d'un système géomatique sur le guichet cartographique neuchâtelois, la région sinistrée a été répartie en zones géographiques afin de procéder aux expertises et constats par nos experts internes et externes spécialisés dans les sinistres.

Quels sont les gros types de dégâts constatés dans les entreprises et chez les particuliers à La Chaux-de-Fonds ?

Les bâtiments d'entreprise et de particuliers touchés par la tempête présentent des dommages similaires tels que:  toitures arrachées, charpentes déplacées, vitrages, façades endommagées par des éléments envolés, volets, stores, panneaux solaires, etc. Dans certains cas, des bâtiments se sont malheureusement littéralement effondrés.

Par le passé, à quels types de catastrophes similaires a dû faire face l’ECAP ?

La dernière tempête significative remonte au 26 décembre 1999 lorsque l'ouragan Lothar avait traversé la Suisse et notre région, les dommages aux bâtiments s'étaient montés à CHF 14'500'000.- pour 5'700 sinistres. A cette occasion, le vent n'avait atteint que 136 km/h. En dehors de cet événement, le bas du canton avait subi un orage de grêle en 2013 pour 5088 cas et CHF 26.5 millions de dégâts. En juin 2019 les inondations avaient touché le Val de Ruz et le village de Dombresson pour 375 cas et CHF 14 millions de dégâts. Enfin en 2021 notre canton avait subi 5 évènements d'ampleur, dont le premier était un orage de grêle sur Le Locle et Chaux-de-Fonds, suivi des inondations dans le village de Cressier pour 6635 cas CHF 62 millions de dégâts

Quels services spécifiques propose l’ECAP aux entreprises et aux particuliers sinistrés de La Chaux-de-Fonds ?

Une procédure simplifiée pour les mesures d'urgence a été décidée. D'autre part, les sinistres avec des dégâts totalisant une somme inférieure à CHF 10'000.- peuvent être réparés sans préavis des experts et les factures envoyées à l'ECAP avec des photos documentant les dégâts et le bien-fondé de la remise en état. Dans le cadre du traitement du sinistre par les experts de l'ECAP, des procédures simplifiées ont également été convenues de la même manière qu'en 2019 et 2021.

Comment se passe la collaboration entre l’ECAP et les entreprises du bâtiment qui prêtent main forte aux sinistrés ?

Nous avons une bonne collaboration avec les entreprises du bâtiment, le respect des directives de l'ECAP spécialement mises sur pied pour l'événement du 24 juillet facilite grandement le règlement des dossiers en cours.

Quels frais et quels montants du sinistre de La Chaux-de-Fonds sont pris en charge par l’ECAP ?

Les frais de protection du bâtiment afin d'éviter des dommages supplémentaires tels que des bâchages de toiture, obturations d'ouverture, assèchements des locaux par exemple sont pris en charge et cela sans devis préalable. Les frais de protection du bâtiment ainsi que les frais d'évacuation et de tri des déchets de bâtiment sont limités à 15% de la somme d'assurance du bâtiment.

De plus, les réparations ou le remplacement de parties de bâtiment fixes (assurées par l'ECAP selon la LAB, le RLBAB et les CGA) telles que: remise en place de tuiles, remplacement de vitrages, façades, couverture, vitrines et fenêtres, portes de garages, etc.) sont couverts.

Quel devrait être le montant total de la facture totale des dommages de ce sinistre? 

Notre établissement estime les dégâts entre CHF 70 à 90 millions pour 4'000 à 5'000 cas environ Ce montant est une première estimation qui est amenée à être précisée dans les prochaines semaines. Il n'englobe pas les prestations des assureurs privés pour le mobilier, perte de revenu locatif et exploitation, les aménagements extérieurs et les véhicules.

En raison de la catastrophe de La Chaux-de-Fonds, des augmentations de primes à l’ECAP sont-elles à l’ordre du jour pour 2024 ?

Les événements de Chaux-de-Fonds n'auront pas d'influence sur les taux de primes de 2024, néanmoins l'augmentation des coûts dans le bâtiment pourrait influencer l'indice ECAP de l'année prochaine.

Des faux artisans ont sévi à La Chaux-de-Fonds. Qu'en a-t-il été?

Il s'agit plutôt de petites entreprises extérieures à la région qui prospectaient de manière active en se présentant spontanément devant les bâtiments sinistrés. Certaines de ces entreprises ont effectué des travaux sans l'accord du propriétaire et ont ensuite adressé une facture. D'autres ont exigé un acompte important avant l'accomplissement des travaux. Si certaines de ces entreprises ont travaillé à satisfaction, d'autres n'ont malheureusement pas fait un travail correct. Les factures en relation avec ces prestations d'urgence nous parviennent ces temps, une analyse fine des prix, des prestations réalisées est faite avant tout remboursement.

Comment doivent procéder les entreprises et les particuliers pour obtenir au plus vite leurs dédommagements ? Quels conseils très concrets leurs donnez-vous ? A quoi doivent-ils spécialement songer ?

Des informations pour les personnes ayant subi des dommages à leur bâtiment sont en ligne sur le www.ecap-ne.ch. Pour les travaux urgents et ne nécessitant pas de devis, les factures peuvent nous être transmises avec les photos des dégâts. Pour les travaux de remise en état, une fois l'accord de l'ECAP reçu, le propriétaire nous transmet les factures de réparation, des remboursements réguliers sont prévus afin que nos assurés bénéficient de nos indemnités rapidement.

De cette expérience, quels aspects positifs retirez-vous ?

Une bonne communication est nécessaire entre les différents intervenants, ce qui a été le cas pour cette malheureuse catastrophe. La participation aux séances de coordination a été très importante dans cette première phase de sécurisation.

Y a-t-il des potentiels d’amélioration que dévoile une telle catastrophe ?

Il est toujours possible de s'améliorer et de gagner en efficacité, mais le processus mis en place après les inondations de Val-de-Ruz et les différents sinistres de 2021 ont montré leur efficacité dans le cas présent.

 

Autres liens

www.ecap-ne.ch

Informations ECAP aux sinistrés de La Chaux-de-Fonds

www.unami.ch/recommande/pme-du-batiment

 

Tempête à La Chaux-de-Fonds et au Crêt-du-Locle: Informations sur la situation | Conseils très pratiques pour les sinistrés et les assurés

18 jours après la catastrophe de La Chaux-de-Fonds et au Crêt-du-Locle, Jean-Michel Brunner, Directeur de l'ECAP, et  Massimo Vitalba, Expert responsable sinistres, accueillent la CNCI. Ils reviennent sur le 24 juillet, dressent un parallèle avec d'autres catastrophes dans le Canton, donnent des conseils aux sinistrés et aux assurés. Ils livrent des détails sur les cas traités et précisent que le sinistre n'aura aucune influence sur le taux des primes 2024 de l'ECAP.

Comment a dû s’organiser l’ECAP le 24 juillet 2023 et les jours suivants ? En termes d’organisation, de logistique et de ressources humaines qu’avez-vous dû spécialement aménager ?

Nous avons intégré dès le début la cellule de crise mise sur pied. Cela nous a permis, en collaboration avec les différents services de l'Etat, pompiers, protection civile, police, autorités communales et cantonales, etc. de prendre connaissance de l'ampleur des dégâts dans la région, de coordonner les décisions et actions, d'assurer la prise de mesures d'urgence, bâchages, déconstructions, etc.

À l'interne des ressources supplémentaires ont été engagées afin de pouvoir assurer le travail administratif de traitement des dossiers de sinistre. La procédure de crise a été mise en place rapidement et le personnel présent mobilisé pour répondre aux appels téléphoniques.

Sur la base d'un système géomatique sur le guichet cartographique neuchâtelois, la région sinistrée a été répartie en zones géographiques afin de procéder aux expertises et constats par nos experts internes et externes spécialisés dans les sinistres.

Quels sont les gros types de dégâts constatés dans les entreprises et chez les particuliers à La Chaux-de-Fonds ?

Les bâtiments d'entreprise et de particuliers touchés par la tempête présentent des dommages similaires tels que:  toitures arrachées, charpentes déplacées, vitrages, façades endommagées par des éléments envolés, volets, stores, panneaux solaires, etc. Dans certains cas, des bâtiments se sont malheureusement littéralement effondrés.

Par le passé, à quels types de catastrophes similaires a dû faire face l’ECAP ?

La dernière tempête significative remonte au 26 décembre 1999 lorsque l'ouragan Lothar avait traversé la Suisse et notre région, les dommages aux bâtiments s'étaient montés à CHF 14'500'000.- pour 5'700 sinistres. A cette occasion, le vent n'avait atteint que 136 km/h. En dehors de cet événement, le bas du canton avait subi un orage de grêle en 2013 pour 5088 cas et CHF 26.5 millions de dégâts. En juin 2019 les inondations avaient touché le Val de Ruz et le village de Dombresson pour 375 cas et CHF 14 millions de dégâts. Enfin en 2021 notre canton avait subi 5 évènements d'ampleur, dont le premier était un orage de grêle sur Le Locle et Chaux-de-Fonds, suivi des inondations dans le village de Cressier pour 6635 cas CHF 62 millions de dégâts

Quels services spécifiques propose l’ECAP aux entreprises et aux particuliers sinistrés de La Chaux-de-Fonds ?

Une procédure simplifiée pour les mesures d'urgence a été décidée. D'autre part, les sinistres avec des dégâts totalisant une somme inférieure à CHF 10'000.- peuvent être réparés sans préavis des experts et les factures envoyées à l'ECAP avec des photos documentant les dégâts et le bien-fondé de la remise en état. Dans le cadre du traitement du sinistre par les experts de l'ECAP, des procédures simplifiées ont également été convenues de la même manière qu'en 2019 et 2021.

Comment se passe la collaboration entre l’ECAP et les entreprises du bâtiment qui prêtent main forte aux sinistrés ?

Nous avons une bonne collaboration avec les entreprises du bâtiment, le respect des directives de l'ECAP spécialement mises sur pied pour l'événement du 24 juillet facilite grandement le règlement des dossiers en cours.

Quels frais et quels montants du sinistre de La Chaux-de-Fonds sont pris en charge par l’ECAP ?

Les frais de protection du bâtiment afin d'éviter des dommages supplémentaires tels que des bâchages de toiture, obturations d'ouverture, assèchements des locaux par exemple sont pris en charge et cela sans devis préalable. Les frais de protection du bâtiment ainsi que les frais d'évacuation et de tri des déchets de bâtiment sont limités à 15% de la somme d'assurance du bâtiment.

De plus, les réparations ou le remplacement de parties de bâtiment fixes (assurées par l'ECAP selon la LAB, le RLBAB et les CGA) telles que: remise en place de tuiles, remplacement de vitrages, façades, couverture, vitrines et fenêtres, portes de garages, etc.) sont couverts.

Quel devrait être le montant total de la facture totale des dommages de ce sinistre? 

Notre établissement estime les dégâts entre CHF 70 à 90 millions pour 4'000 à 5'000 cas environ Ce montant est une première estimation qui est amenée à être précisée dans les prochaines semaines. Il n'englobe pas les prestations des assureurs privés pour le mobilier, perte de revenu locatif et exploitation, les aménagements extérieurs et les véhicules.

En raison de la catastrophe de La Chaux-de-Fonds, des augmentations de primes à l’ECAP sont-elles à l’ordre du jour pour 2024 ?

Les événements de Chaux-de-Fonds n'auront pas d'influence sur les taux de primes de 2024, néanmoins l'augmentation des coûts dans le bâtiment pourrait influencer l'indice ECAP de l'année prochaine.

Des faux artisans ont sévi à La Chaux-de-Fonds. Qu'en a-t-il été?

Il s'agit plutôt de petites entreprises extérieures à la région qui prospectaient de manière active en se présentant spontanément devant les bâtiments sinistrés. Certaines de ces entreprises ont effectué des travaux sans l'accord du propriétaire et ont ensuite adressé une facture. D'autres ont exigé un acompte important avant l'accomplissement des travaux. Si certaines de ces entreprises ont travaillé à satisfaction, d'autres n'ont malheureusement pas fait un travail correct. Les factures en relation avec ces prestations d'urgence nous parviennent ces temps, une analyse fine des prix, des prestations réalisées est faite avant tout remboursement.

Comment doivent procéder les entreprises et les particuliers pour obtenir au plus vite leurs dédommagements ? Quels conseils très concrets leurs donnez-vous ? A quoi doivent-ils spécialement songer ?

Des informations pour les personnes ayant subi des dommages à leur bâtiment sont en ligne sur le www.ecap-ne.ch. Pour les travaux urgents et ne nécessitant pas de devis, les factures peuvent nous être transmises avec les photos des dégâts. Pour les travaux de remise en état, une fois l'accord de l'ECAP reçu, le propriétaire nous transmet les factures de réparation, des remboursements réguliers sont prévus afin que nos assurés bénéficient de nos indemnités rapidement.

De cette expérience, quels aspects positifs retirez-vous ?

Une bonne communication est nécessaire entre les différents intervenants, ce qui a été le cas pour cette malheureuse catastrophe. La participation aux séances de coordination a été très importante dans cette première phase de sécurisation.

Y a-t-il des potentiels d’amélioration que dévoile une telle catastrophe ?

Il est toujours possible de s'améliorer et de gagner en efficacité, mais le processus mis en place après les inondations de Val-de-Ruz et les différents sinistres de 2021 ont montré leur efficacité dans le cas présent.

 

Autres liens

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Informations ECAP aux sinistrés de La Chaux-de-Fonds

www.unami.ch/recommande/pme-du-batiment

 

Création d’entreprise : témoignage de Christophe Saam de P&TS

Christophe Saam, Ingénieur EPFL, mandataire en brevet et juge technique au Tribunal Fédéral des Brevets, est fondateur, directeur et propriétaire de P&TS, cabinet de conseil en propriété intellectuelle basé à Neuchâtel et à Zurich. Le cabinet rassemble un groupe de 32 spécialistes avec des compétences à la fois dans le domaine de la technologie, de la propriété intellectuelle et du droit des logiciels. Dans le cadre d’un cours sur la création d’entreprise, organisé par la IFJ et la CNCI, Christophe Saam a partagé ses expériences et son vécu d’entrepreneur. 7 millésimes ont marqué le parcours de Christophe Saam. Confessions d’un entrepreneur qui préfère aborder les solutions et prestations de son entreprise que de parler de lui.

Première expérience professionnelle à Berlin en 1990

Christophe Saam passe le dernier examen pour obtenir  son titre d’ingénieur électricien le 10 novembre 1989. Pourquoi s’en souvient-il ? La veille, le mur de Berlin tombe. Motivé par cet événement, il postule à l’Office Européen des Brevets qui cherchait des ingénieurs suisses pour son agence de Berlin. Christophe ne « sait » pas encore ce qu’est réellement un brevet à cette époque, mais débarque à Berlin dans lequel règne un joyeux chaos: les postes sont en grève, les chemins de fer aussi. Mais il y a une telle dynamique qui se dégage aux quatre coins de cette ville branchée en totale métamorphose. C’est aussi à Berlin que Christophe se marie à Roseline.

Un séjour au Yémen change la donne

En 1994, Christophe Saam rentre en Suisse et travaille à Berne dans un cabinet de propriété intellectuelle (PI) où il apprend le droit des brevets. Le job est passionnant et lui permet de rencontrer des entrepreneurs, des inventeurs, des startupers. Des problèmes relationnels avec le directeur surgissent. En 1998, il fait un voyage de plusieurs semaines au Yémen où il se convainc que la liberté, on peut la choisir. Rentré de Sanaa, il présente sa démission à son employeur, ce qui jette ce dernier dans l’ire la plus totale : Christophe est libéré de ses fonctions sur le champ. A midi, il ignore encore quel va être son avenir professionnel.

L’après-midi-même, à 14h00, une grande entreprise horlogère l’appelle et lui demande les raisons pour lesquelles il manque à un rendez-vous fixé. Christophe explique qu’il ne travaille plus pour son employeur depuis le matin. L’entreprise horlogère lui confie aussitôt un mandat de négociations de brevets. Christophe accepte dès que la situation avec son ex-employeur est clarifiée. Le mandat confié gagne en importance. Un ancien collègue le rejoint dans l’aventure. P&TS est en train de naître, dans l’enthousiasme.

P&TS gagne en importance grâce à un mandat gagné chez Swisscom en 1998

Au même moment, en 1998, Swisscom succède à Télécom PTT. L’entreprise paraétatique, qui n’avait à ce moment que peu d’expérience en propriété intellectuelle, cherche un bureau de conseil pour construire sa stratégie brevets. P&TS n’avait que quelques semaines d’existence, mais elle postule et, contre toute attente, décroche le mandat.

Pour faire face, la société doit rapidement se structurer. Dans l’improvisation, Christophe apprend les ficelles du métier de patron : trouver des bureaux, développer un réseau de partenaires internationaux, gérer la TVA, surveiller les liquidités, s’occuper de business développement. Il travaille sur ses mandats la journée ; la nuit, il programme son ERP et le site web de la société. P&TS manque cependant cruellement de liquidités. Un client vole à son secours et lui propose de verser une année d’honoraires en avance.

P&TS se distingue dans la branche par une communication disruptive et des services innovants. La croissance est immédiate, mais  elle entraîne des tensions internes. En effet, les vues de Christophe et de son associé divergent par rapport à l’avenir de la société. La différence d’âge de 25 ans explique leurs désaccords. L’associé quitte rapidement la société.

2001, une année fertile, toutefois très difficile

P&TS passe du statut de société simple à SA en 2001. Mais 2001 est aussi une annus horribilis pour la santé de Christophe. P&TS compte alors quatre employés, dont Roseline, la femme de Christophe, qui attend un heureux événement. Une autre collègue est en congé maternité, la dernière s’absente pendant l’été. Les journées ne comptent plus suffisamment d’heures pour Christophe, qui assure les remplacements tout en entourant son épouse et leur nouveau-né. Christophe tombe presque en épuisement. Pour faire face à cette situation particulière, P&TS parvient à recruter en quelques mois une équipe solide qui lui permet de poursuivre son chemin. De nouveaux clients lui font confiance, notamment des start-ups qui se sont passé le mot pour demander du soutien à P&TS, toujours ravie d’épauler de jeunes entreprises innovantes. Le secteur marque est inauguré.

Dans de nouveaux jardins en 2010

En 2010, P&TS s’endette pour acheter une magnifique bâtisse à l’avenue Jean-Jacques Rousseau à Neuchâtel. Christophe observe que l’environnement de travail est un atout pour attirer des talents accourus de toute l’Europe, qui lui permettent de grandir très fortement de 2010 à 2014. Dans un ranking mondial des cabinets qui ont la croissance la plus rapide, le cabinet neuchâtelois fait à ce moment partie des 3 premiers. Les autres cabinets dans la liste sont essentiellement coréens et chinois.

Renforcement de la gouvernance en 2018

P&TS grandit et grandit. Conscient qu’on ne peut pas diriger une entreprise d’une vingtaine de personnes comme une raison individuelle, au clair par rapport à la responsabilité sociale d’un employeur vis-à-vis de ses employés, P&TS renforce ses structures. Désormais un Conseil d’administration chapeautera une Direction clairement structurée. Christophe reste unique actionnaire et ne veut plus réfléchir tout seul sur les orientations de son entreprise.

30 ans plus tard en 2023

La société d’une personne est devenue un employeur de 32 spécialistes hautement qualifiés dans le domaine de la technologie, de la propriété intellectuelle et du droit des logiciels. P&TS protège une nouvelle invention chaque jour, et défend les intérêts de près de 500 sociétés. 30% sont des start-ups mais le portefeuille inclut également des PMEs ainsi que de nombreuses multinationales suisses ou américaines. Les inventions touchent tous les domaines de la technologie : électronique, logiciels, mécanique, horlogerie, chimie, biotech, etc. P&TS SA est localisée à Neuchâtel et Zurich. Chez P&TS, quatre valeurs sont centrales : respect, responsabilité, pluridisciplinarité et adaptabilité. Le slogan de P&TS est : « You invent the future. We protect it. ».

Trois conseils aux futurs entrepreneurs

Au terme de son exposé, Christophe Saam donne trois conseils aux futurs créateurs d’entreprise. Du bon sens, du bon sens et du bon sens.

    Il faut être passionné : être son propre chef, c’est épuisant, c’est quelquefois décourageant. Il s’agit d’être un peu joueur, de prendre des risques, de se confronter rapidement aux clients en étant prêt à tout perdre. Les Américains lancent des produits prêts à 50% et les améliorent lors des prochaines versions. En Suisse, on cherche systématiquement le Swiss Finish. Il faut s’entourer des bonnes personnes. Engager des copains pour les dépanner est déconseillé, surtout si ça se passe mal ensuite. Dans de telles situations, il faut beaucoup trop d’énergie pour régler les problèmes.
    S’entourer des bonnes personnes, c’est aussi engager les meilleurs collaborateurs, et se faire coacher par des organismes de support tels qu’IFJ, Microcity ou Innosuisse. Pour un patron, c’est tellement complexe de toucher à tout : registre du commerce, TVA, gestion des ressources humaines. Et sans oublier les aspects familiaux : dans le cas de P&TS, le support de Roseline a été déterminant.
    Il faut une stratégie de propriété intellectuelle, pour gérer des actifs qui sont de plus en plus souvent immatériels. La PI semble peu prioritaire au début, mais elle est la clé vers un accès rapide aux investisseurs. Trop de PME peinent à décoller lorsque leur produit est prêt parce qu’elles n’avaient pas suffisamment anticipé les questions de droit à l’invention, de liberté d’exploitation ou de protection de la technologie par exemple.

Cinq dernières confessions de Christophe Saam

Au terme de la rencontre, Christophe Saam se livre aux dernières confidences. On sent qu’il y a du vécu.

    Être entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille. Il est naturel de vivre des hauts et des bas. Il importe de savoir rebondir. Les moments difficiles pour P&TS sont principalement liés aux départs : départs de clients, départs de collaborateurs-clé. Les moments forts pour PT&S, ce sont d’abord les inventions qui se réalisent et pour lesquelles P&TS a contribué avec son savoir-faire.Les business-plans, c’est bon pour les investisseurs. Pour Christophe Saam, les business-plans ne sauraient être un instrument de pilotage.S’il pouvait revenir en arrière, Christophe investirait plus d’énergie pour préparer le démarrage de l’entreprise et notamment constituer le capital de départ. Christophe a débuté avec CHF 20'000.- en poche ; il a beaucoup dû « tirer la langue » au cours des premières années de l’entreprise, bien que les mandats affluaient.

Cours donnés par IFJ: en quatre étapes vers sa propre entreprise

L'intervention de Christophe Saam s'est faite au début du cours "En quatre étapes vers sa propre entreprise", animé par Douglas Finazzi d'IFJ. Le cours s'est déroulé dans les locaux de la CNCI.

Du choix de la forme juridique à la raison sociale, au domicile et au but de l'entreprise, en passant par la fondation simple et sa mise en place administrative, des informations précieuses sont dispensées lors de ces cours qui se donnent en présentiel, mais aussi en ligne.

Pour en savoir plus sur les autres cours donnés par IFJ, cliquer ici

Création d’entreprise : témoignage de Christophe Saam de P&TS

Christophe Saam, Ingénieur EPFL, mandataire en brevet et juge technique au Tribunal Fédéral des Brevets, est fondateur, directeur et propriétaire de P&TS, cabinet de conseil en propriété intellectuelle basé à Neuchâtel et à Zurich. Le cabinet rassemble un groupe de 32 spécialistes avec des compétences à la fois dans le domaine de la technologie, de la propriété intellectuelle et du droit des logiciels. Dans le cadre d’un cours sur la création d’entreprise, organisé par la IFJ et la CNCI, Christophe Saam a partagé ses expériences et son vécu d’entrepreneur. 7 millésimes ont marqué le parcours de Christophe Saam. Confessions d’un entrepreneur qui préfère aborder les solutions et prestations de son entreprise que de parler de lui.

Première expérience professionnelle à Berlin en 1990

Christophe Saam passe le dernier examen pour obtenir  son titre d’ingénieur électricien le 10 novembre 1989. Pourquoi s’en souvient-il ? La veille, le mur de Berlin tombe. Motivé par cet événement, il postule à l’Office Européen des Brevets qui cherchait des ingénieurs suisses pour son agence de Berlin. Christophe ne « sait » pas encore ce qu’est réellement un brevet à cette époque, mais débarque à Berlin dans lequel règne un joyeux chaos: les postes sont en grève, les chemins de fer aussi. Mais il y a une telle dynamique qui se dégage aux quatre coins de cette ville branchée en totale métamorphose. C’est aussi à Berlin que Christophe se marie à Roseline.

Un séjour au Yémen change la donne

En 1994, Christophe Saam rentre en Suisse et travaille à Berne dans un cabinet de propriété intellectuelle (PI) où il apprend le droit des brevets. Le job est passionnant et lui permet de rencontrer des entrepreneurs, des inventeurs, des startupers. Des problèmes relationnels avec le directeur surgissent. En 1998, il fait un voyage de plusieurs semaines au Yémen où il se convainc que la liberté, on peut la choisir. Rentré de Sanaa, il présente sa démission à son employeur, ce qui jette ce dernier dans l’ire la plus totale : Christophe est libéré de ses fonctions sur le champ. A midi, il ignore encore quel va être son avenir professionnel.

L’après-midi-même, à 14h00, une grande entreprise horlogère l’appelle et lui demande les raisons pour lesquelles il manque à un rendez-vous fixé. Christophe explique qu’il ne travaille plus pour son employeur depuis le matin. L’entreprise horlogère lui confie aussitôt un mandat de négociations de brevets. Christophe accepte dès que la situation avec son ex-employeur est clarifiée. Le mandat confié gagne en importance. Un ancien collègue le rejoint dans l’aventure. P&TS est en train de naître, dans l’enthousiasme.

P&TS gagne en importance grâce à un mandat gagné chez Swisscom en 1998

Au même moment, en 1998, Swisscom succède à Télécom PTT. L’entreprise paraétatique, qui n’avait à ce moment que peu d’expérience en propriété intellectuelle, cherche un bureau de conseil pour construire sa stratégie brevets. P&TS n’avait que quelques semaines d’existence, mais elle postule et, contre toute attente, décroche le mandat.

Pour faire face, la société doit rapidement se structurer. Dans l’improvisation, Christophe apprend les ficelles du métier de patron : trouver des bureaux, développer un réseau de partenaires internationaux, gérer la TVA, surveiller les liquidités, s’occuper de business développement. Il travaille sur ses mandats la journée ; la nuit, il programme son ERP et le site web de la société. P&TS manque cependant cruellement de liquidités. Un client vole à son secours et lui propose de verser une année d’honoraires en avance.

P&TS se distingue dans la branche par une communication disruptive et des services innovants. La croissance est immédiate, mais  elle entraîne des tensions internes. En effet, les vues de Christophe et de son associé divergent par rapport à l’avenir de la société. La différence d’âge de 25 ans explique leurs désaccords. L’associé quitte rapidement la société.

2001, une année fertile, toutefois très difficile

P&TS passe du statut de société simple à SA en 2001. Mais 2001 est aussi une annus horribilis pour la santé de Christophe. P&TS compte alors quatre employés, dont Roseline, la femme de Christophe, qui attend un heureux événement. Une autre collègue est en congé maternité, la dernière s’absente pendant l’été. Les journées ne comptent plus suffisamment d’heures pour Christophe, qui assure les remplacements tout en entourant son épouse et leur nouveau-né. Christophe tombe presque en épuisement. Pour faire face à cette situation particulière, P&TS parvient à recruter en quelques mois une équipe solide qui lui permet de poursuivre son chemin. De nouveaux clients lui font confiance, notamment des start-ups qui se sont passé le mot pour demander du soutien à P&TS, toujours ravie d’épauler de jeunes entreprises innovantes. Le secteur marque est inauguré.

Dans de nouveaux jardins en 2010

En 2010, P&TS s’endette pour acheter une magnifique bâtisse à l’avenue Jean-Jacques Rousseau à Neuchâtel. Christophe observe que l’environnement de travail est un atout pour attirer des talents accourus de toute l’Europe, qui lui permettent de grandir très fortement de 2010 à 2014. Dans un ranking mondial des cabinets qui ont la croissance la plus rapide, le cabinet neuchâtelois fait à ce moment partie des 3 premiers. Les autres cabinets dans la liste sont essentiellement coréens et chinois.

Renforcement de la gouvernance en 2018

P&TS grandit et grandit. Conscient qu’on ne peut pas diriger une entreprise d’une vingtaine de personnes comme une raison individuelle, au clair par rapport à la responsabilité sociale d’un employeur vis-à-vis de ses employés, P&TS renforce ses structures. Désormais un Conseil d’administration chapeautera une Direction clairement structurée. Christophe reste unique actionnaire et ne veut plus réfléchir tout seul sur les orientations de son entreprise.

30 ans plus tard en 2023

La société d’une personne est devenue un employeur de 32 spécialistes hautement qualifiés dans le domaine de la technologie, de la propriété intellectuelle et du droit des logiciels. P&TS protège une nouvelle invention chaque jour, et défend les intérêts de près de 500 sociétés. 30% sont des start-ups mais le portefeuille inclut également des PMEs ainsi que de nombreuses multinationales suisses ou américaines. Les inventions touchent tous les domaines de la technologie : électronique, logiciels, mécanique, horlogerie, chimie, biotech, etc. P&TS SA est localisée à Neuchâtel et Zurich. Chez P&TS, quatre valeurs sont centrales : respect, responsabilité, pluridisciplinarité et adaptabilité. Le slogan de P&TS est : « You invent the future. We protect it. ».

Trois conseils aux futurs entrepreneurs

Au terme de son exposé, Christophe Saam donne trois conseils aux futurs créateurs d’entreprise. Du bon sens, du bon sens et du bon sens.

    Il faut être passionné : être son propre chef, c’est épuisant, c’est quelquefois décourageant. Il s’agit d’être un peu joueur, de prendre des risques, de se confronter rapidement aux clients en étant prêt à tout perdre. Les Américains lancent des produits prêts à 50% et les améliorent lors des prochaines versions. En Suisse, on cherche systématiquement le Swiss Finish. Il faut s’entourer des bonnes personnes. Engager des copains pour les dépanner est déconseillé, surtout si ça se passe mal ensuite. Dans de telles situations, il faut beaucoup trop d’énergie pour régler les problèmes.
    S’entourer des bonnes personnes, c’est aussi engager les meilleurs collaborateurs, et se faire coacher par des organismes de support tels qu’IFJ, Microcity ou Innosuisse. Pour un patron, c’est tellement complexe de toucher à tout : registre du commerce, TVA, gestion des ressources humaines. Et sans oublier les aspects familiaux : dans le cas de P&TS, le support de Roseline a été déterminant.
    Il faut une stratégie de propriété intellectuelle, pour gérer des actifs qui sont de plus en plus souvent immatériels. La PI semble peu prioritaire au début, mais elle est la clé vers un accès rapide aux investisseurs. Trop de PME peinent à décoller lorsque leur produit est prêt parce qu’elles n’avaient pas suffisamment anticipé les questions de droit à l’invention, de liberté d’exploitation ou de protection de la technologie par exemple.

Cinq dernières confessions de Christophe Saam

Au terme de la rencontre, Christophe Saam se livre aux dernières confidences. On sent qu’il y a du vécu.

    Être entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille. Il est naturel de vivre des hauts et des bas. Il importe de savoir rebondir. Les moments difficiles pour P&TS sont principalement liés aux départs : départs de clients, départs de collaborateurs-clé. Les moments forts pour PT&S, ce sont d’abord les inventions qui se réalisent et pour lesquelles P&TS a contribué avec son savoir-faire.Les business-plans, c’est bon pour les investisseurs. Pour Christophe Saam, les business-plans ne sauraient être un instrument de pilotage.S’il pouvait revenir en arrière, Christophe investirait plus d’énergie pour préparer le démarrage de l’entreprise et notamment constituer le capital de départ. Christophe a débuté avec CHF 20'000.- en poche ; il a beaucoup dû « tirer la langue » au cours des premières années de l’entreprise, bien que les mandats affluaient.

Cours donnés par IFJ: en quatre étapes vers sa propre entreprise

L'intervention de Christophe Saam s'est faite au début du cours "En quatre étapes vers sa propre entreprise", animé par Douglas Finazzi d'IFJ. Le cours s'est déroulé dans les locaux de la CNCI.

Du choix de la forme juridique à la raison sociale, au domicile et au but de l'entreprise, en passant par la fondation simple et sa mise en place administrative, des informations précieuses sont dispensées lors de ces cours qui se donnent en présentiel, mais aussi en ligne.

Pour en savoir plus sur les autres cours donnés par IFJ, cliquer ici

Création d’entreprise : témoignage de Christophe Saam de P&TS

Christophe Saam, Ingénieur EPFL, mandataire en brevet et juge technique au Tribunal Fédéral des Brevets, est fondateur, directeur et propriétaire de P&TS, cabinet de conseil en propriété intellectuelle basé à Neuchâtel et à Zurich. Le cabinet rassemble un groupe de 32 spécialistes avec des compétences à la fois dans le domaine de la technologie, de la propriété intellectuelle et du droit des logiciels. Dans le cadre d’un cours sur la création d’entreprise, organisé par la IFJ et la CNCI, Christophe Saam a partagé ses expériences et son vécu d’entrepreneur. 7 millésimes ont marqué le parcours de Christophe Saam. Confessions d’un entrepreneur qui préfère aborder les solutions et prestations de son entreprise que de parler de lui.

Première expérience professionnelle à Berlin en 1990

Christophe Saam passe le dernier examen pour obtenir  son titre d’ingénieur électricien le 10 novembre 1989. Pourquoi s’en souvient-il ? La veille, le mur de Berlin tombe. Motivé par cet événement, il postule à l’Office Européen des Brevets qui cherchait des ingénieurs suisses pour son agence de Berlin. Christophe ne « sait » pas encore ce qu’est réellement un brevet à cette époque, mais débarque à Berlin dans lequel règne un joyeux chaos: les postes sont en grève, les chemins de fer aussi. Mais il y a une telle dynamique qui se dégage aux quatre coins de cette ville branchée en totale métamorphose. C’est aussi à Berlin que Christophe se marie à Roseline.

Un séjour au Yémen change la donne

En 1994, Christophe Saam rentre en Suisse et travaille à Berne dans un cabinet de propriété intellectuelle (PI) où il apprend le droit des brevets. Le job est passionnant et lui permet de rencontrer des entrepreneurs, des inventeurs, des startupers. Des problèmes relationnels avec le directeur surgissent. En 1998, il fait un voyage de plusieurs semaines au Yémen où il se convainc que la liberté, on peut la choisir. Rentré de Sanaa, il présente sa démission à son employeur, ce qui jette ce dernier dans l’ire la plus totale : Christophe est libéré de ses fonctions sur le champ. A midi, il ignore encore quel va être son avenir professionnel.

L’après-midi-même, à 14h00, une grande entreprise horlogère l’appelle et lui demande les raisons pour lesquelles il manque à un rendez-vous fixé. Christophe explique qu’il ne travaille plus pour son employeur depuis le matin. L’entreprise horlogère lui confie aussitôt un mandat de négociations de brevets. Christophe accepte dès que la situation avec son ex-employeur est clarifiée. Le mandat confié gagne en importance. Un ancien collègue le rejoint dans l’aventure. P&TS est en train de naître, dans l’enthousiasme.

P&TS gagne en importance grâce à un mandat gagné chez Swisscom en 1998

Au même moment, en 1998, Swisscom succède à Télécom PTT. L’entreprise paraétatique, qui n’avait à ce moment que peu d’expérience en propriété intellectuelle, cherche un bureau de conseil pour construire sa stratégie brevets. P&TS n’avait que quelques semaines d’existence, mais elle postule et, contre toute attente, décroche le mandat.

Pour faire face, la société doit rapidement se structurer. Dans l’improvisation, Christophe apprend les ficelles du métier de patron : trouver des bureaux, développer un réseau de partenaires internationaux, gérer la TVA, surveiller les liquidités, s’occuper de business développement. Il travaille sur ses mandats la journée ; la nuit, il programme son ERP et le site web de la société. P&TS manque cependant cruellement de liquidités. Un client vole à son secours et lui propose de verser une année d’honoraires en avance.

P&TS se distingue dans la branche par une communication disruptive et des services innovants. La croissance est immédiate, mais  elle entraîne des tensions internes. En effet, les vues de Christophe et de son associé divergent par rapport à l’avenir de la société. La différence d’âge de 25 ans explique leurs désaccords. L’associé quitte rapidement la société.

2001, une année fertile, toutefois très difficile

P&TS passe du statut de société simple à SA en 2001. Mais 2001 est aussi une annus horribilis pour la santé de Christophe. P&TS compte alors quatre employés, dont Roseline, la femme de Christophe, qui attend un heureux événement. Une autre collègue est en congé maternité, la dernière s’absente pendant l’été. Les journées ne comptent plus suffisamment d’heures pour Christophe, qui assure les remplacements tout en entourant son épouse et leur nouveau-né. Christophe tombe presque en épuisement. Pour faire face à cette situation particulière, P&TS parvient à recruter en quelques mois une équipe solide qui lui permet de poursuivre son chemin. De nouveaux clients lui font confiance, notamment des start-ups qui se sont passé le mot pour demander du soutien à P&TS, toujours ravie d’épauler de jeunes entreprises innovantes. Le secteur marque est inauguré.

Dans de nouveaux jardins en 2010

En 2010, P&TS s’endette pour acheter une magnifique bâtisse à l’avenue Jean-Jacques Rousseau à Neuchâtel. Christophe observe que l’environnement de travail est un atout pour attirer des talents accourus de toute l’Europe, qui lui permettent de grandir très fortement de 2010 à 2014. Dans un ranking mondial des cabinets qui ont la croissance la plus rapide, le cabinet neuchâtelois fait à ce moment partie des 3 premiers. Les autres cabinets dans la liste sont essentiellement coréens et chinois.

Renforcement de la gouvernance en 2018

P&TS grandit et grandit. Conscient qu’on ne peut pas diriger une entreprise d’une vingtaine de personnes comme une raison individuelle, au clair par rapport à la responsabilité sociale d’un employeur vis-à-vis de ses employés, P&TS renforce ses structures. Désormais un Conseil d’administration chapeautera une Direction clairement structurée. Christophe reste unique actionnaire et ne veut plus réfléchir tout seul sur les orientations de son entreprise.

30 ans plus tard en 2023

La société d’une personne est devenue un employeur de 32 spécialistes hautement qualifiés dans le domaine de la technologie, de la propriété intellectuelle et du droit des logiciels. P&TS protège une nouvelle invention chaque jour, et défend les intérêts de près de 500 sociétés. 30% sont des start-ups mais le portefeuille inclut également des PMEs ainsi que de nombreuses multinationales suisses ou américaines. Les inventions touchent tous les domaines de la technologie : électronique, logiciels, mécanique, horlogerie, chimie, biotech, etc. P&TS SA est localisée à Neuchâtel et Zurich. Chez P&TS, quatre valeurs sont centrales : respect, responsabilité, pluridisciplinarité et adaptabilité. Le slogan de P&TS est : « You invent the future. We protect it. ».

Trois conseils aux futurs entrepreneurs

Au terme de son exposé, Christophe Saam donne trois conseils aux futurs créateurs d’entreprise. Du bon sens, du bon sens et du bon sens.

    Il faut être passionné : être son propre chef, c’est épuisant, c’est quelquefois décourageant. Il s’agit d’être un peu joueur, de prendre des risques, de se confronter rapidement aux clients en étant prêt à tout perdre. Les Américains lancent des produits prêts à 50% et les améliorent lors des prochaines versions. En Suisse, on cherche systématiquement le Swiss Finish. Il faut s’entourer des bonnes personnes. Engager des copains pour les dépanner est déconseillé, surtout si ça se passe mal ensuite. Dans de telles situations, il faut beaucoup trop d’énergie pour régler les problèmes.
    S’entourer des bonnes personnes, c’est aussi engager les meilleurs collaborateurs, et se faire coacher par des organismes de support tels qu’IFJ, Microcity ou Innosuisse. Pour un patron, c’est tellement complexe de toucher à tout : registre du commerce, TVA, gestion des ressources humaines. Et sans oublier les aspects familiaux : dans le cas de P&TS, le support de Roseline a été déterminant.
    Il faut une stratégie de propriété intellectuelle, pour gérer des actifs qui sont de plus en plus souvent immatériels. La PI semble peu prioritaire au début, mais elle est la clé vers un accès rapide aux investisseurs. Trop de PME peinent à décoller lorsque leur produit est prêt parce qu’elles n’avaient pas suffisamment anticipé les questions de droit à l’invention, de liberté d’exploitation ou de protection de la technologie par exemple.

Cinq dernières confessions de Christophe Saam

Au terme de la rencontre, Christophe Saam se livre aux dernières confidences. On sent qu’il y a du vécu.

    Être entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille. Il est naturel de vivre des hauts et des bas. Il importe de savoir rebondir. Les moments difficiles pour P&TS sont principalement liés aux départs : départs de clients, départs de collaborateurs-clé. Les moments forts pour PT&S, ce sont d’abord les inventions qui se réalisent et pour lesquelles P&TS a contribué avec son savoir-faire.Les business-plans, c’est bon pour les investisseurs. Pour Christophe Saam, les business-plans ne sauraient être un instrument de pilotage.S’il pouvait revenir en arrière, Christophe investirait plus d’énergie pour préparer le démarrage de l’entreprise et notamment constituer le capital de départ. Christophe a débuté avec CHF 20'000.- en poche ; il a beaucoup dû « tirer la langue » au cours des premières années de l’entreprise, bien que les mandats affluaient.

Cours donnés par IFJ: en quatre étapes vers sa propre entreprise

L'intervention de Christophe Saam s'est faite au début du cours "En quatre étapes vers sa propre entreprise", animé par Douglas Finazzi d'IFJ. Le cours s'est déroulé dans les locaux de la CNCI.

Du choix de la forme juridique à la raison sociale, au domicile et au but de l'entreprise, en passant par la fondation simple et sa mise en place administrative, des informations précieuses sont dispensées lors de ces cours qui se donnent en présentiel, mais aussi en ligne.

Pour en savoir plus sur les autres cours donnés par IFJ, cliquer ici