IA et entreprises neuchâteloises: qu'en dit Stéphane Fallet?

Stéphane Fallet est entrepreneur, spécialiste de l’intelligence artificielle et de la transformation digitale des entreprises. Président d'AI Swiss, il accompagne les organisations dans l’intégration concrète de l’IA afin d’améliorer leur efficacité, leur croissance et leur relation client. Stéphane Fallet s’engage activement pour une IA accessible, pragmatique et centrée sur l’humain, en particulier au service des PME suisses. Il réagit aux résultats de l’enquête de la CNCI au sujet de l’utilisation de l’IA.


Quels résultats de cette enquête confirment ce que vous observez au niveau d'AI Swiss ?

Trois constats résonnent directement avec ce que je vis sur le terrain, tant chez AI Swiss que dans les entreprises que j'accompagne. D'abord, la prédominance de l'usage individuel (environ 40%), concentré sur la génération de texte : les collaborateurs utilisent ChatGPT de manière isolée, sans cadre institutionnel. Ensuite, le "manque de compétences" et le "manque d'usages clairs" comme freins principaux, c'est exactement ce que me rapportent les dirigeants et conseils d'administration auprès desquels j'interviens. Enfin, la perception largement positive de l'IA (95% y voient une opportunité, seule ou combinée à un risque) confirme que l'enjeu n'est plus la sensibilisation, mais l'opérationnalisation.

Quels résultats de cette enquête vous ont surpris ?

Deux éléments m'interpellent. Premièrement, les 25% d'entreprises industrielles déclarant ne pas utiliser l'IA du tout. Dans mes missions d'implémentation, je découvre systématiquement du "Shadow AI" : des employés qui utilisent l'IA sans en informer leur hiérarchie. Le vrai chiffre est probablement bien supérieur. Deuxièmement, la sécurité des données n'est citée comme frein que par 15% des répondants, alors que des études en Suisse la place en risque numéro un à 60%. Ce décalage révèle que les entreprises sondées n'ont pas encore été confrontées aux défis concrets de gouvernance des données, un sujet que nous abordons systématiquement dans nos formations et nos interventions en conseil d'administration.

Quelles données complémentaires devraient encore compléter le tableau?

Il faudrait encore rajouter trois dimensions essentielles: la distinction entre outils publics gratuits et solutions d'entreprise sécurisées (pour évaluer le vrai niveau de maturité) ; la question de la gouvernance IA (chartes, directives internes, seulement 25% des entreprises suisses ont une stratégie IA formalisée selon ETH/Swissmem) ; et la mesure du ROI réel, car si 70% attendent une efficience accrue, combien l'ont effectivement mesurée ? Ce sont des indicateurs que nous suivons de près dans nos projets.

Seulement 9% des entreprises sondées ont un déploiement structuré. D'après votre expérience, comment y ont-elles procédé ?

Pour avoir accompagné plusieurs de ces entreprises, je recommande cette approche : partir du problème métier, jamais de la technologie. Concrètement, elles ont d'abord structuré leurs données, puis formé leurs équipes dans une logique de "co-pensée humain-IA", et enfin identifié des cas d'usage précis avec des KPI mesurables. Ce qui les distingue : un sponsor au niveau de la direction, une gestion de projet rigoureuse et un accompagnement structuré. Leurs motivations ? Compétitivité internationale, pallier la pénurie de main-d'œuvre et transformer des données dormantes en actifs stratégiques.

Quelles évolutions anticipez-vous pour les 12 à 24 prochains mois ?

Je m'attends à une bascule significative de l'"usage individuel" vers le "déploiement structuré". Les PME réaliseront que l'usage isolé d'outils publics pose des risques et limite les gains à l'échelle de l'entreprise, un message que nous portons activement auprès des directions. Les budgets augmenteront : l'investissement se déplacera des licences logicielles vers l'intégration, la sécurisation des données et la formation. Je m'attends aussi à l'émergence du rôle de "référent IA" dans les PME de 30 à 100 collaborateurs, un profil que nous aidons déjà à structurer.
 

Quels cas d'usage prioritaires de l'IA avec quels impacts voyez-vous en fonction de la taille et de l'activité ?

Fort de l'expérience accumulée dans l'accompagnement de dizaines d'entreprises, je peux synthétiser les cas d'usages prioritaires avec les impacts attendu avec les 4 classes suivantes   :

  • Micro-entreprise (<10 empoyés): Automatisation administrative (offres, e-mails, synthèses) | Gain de temps immédiat pour le dirigeant
  • Entreprise de 50-100+ employés: Plateforme IA d'entreprise avec gouvernance et formation transversale | Transformation systémique mesurable
  • PME Services (10-50): Assistant de connaissances interne + automatisation marketing | Réduction du temps de recherche, intégration accélérée
  • PME Industrielles: Analyse prédictive ou contrôle qualité par vision par ordinateur | Réduction des rebuts, maintenance optimisée

Un règle d'or prévaut: il faut commencer par un processus interne bien défini, mesurer, puis itérer.
 

Comment sélectionner un prestataire pour une utilisation de l'IA ?

Deux profils complémentaires sont nécessaires : un partenaire stratégique neutre (pour la feuille de route, la gouvernance au niveau du board et l'identification des cas d'usage) et un intégrateur technique local pour l'implémentation. L'écosystème romand dispose aujourd'hui des compétences pour répondre à ces défis: formation, project management IA, gouvernance et implémentation.

Je proposerais trois critères de sélection: 

  1. l'approche par le problème métier, pas par la technologie
  2. la transparence totale sur la souveraineté des données
  3. le transfert de compétences inclus dans chaque projet. L'objectif est de rendre les entreprises autonomes, pas dépendantes: c'est la philosophie que nous défendons chez AI Swiss.

Résultats de l'étude de la CNCI sur l'utilisation de l'IA par les entreprises neuchâteloises

IA et entreprises neuchâteloises: qu'en dit Stéphane Fallet?

Stéphane Fallet est entrepreneur, spécialiste de l’intelligence artificielle et de la transformation digitale des entreprises. Président d'AI Swiss, il accompagne les organisations dans l’intégration concrète de l’IA afin d’améliorer leur efficacité, leur croissance et leur relation client. Stéphane Fallet s’engage activement pour une IA accessible, pragmatique et centrée sur l’humain, en particulier au service des PME suisses. Il réagit aux résultats de l’enquête de la CNCI au sujet de l’utilisation de l’IA.


Quels résultats de cette enquête confirment ce que vous observez au niveau d'AI Swiss ?

Trois constats résonnent directement avec ce que je vis sur le terrain, tant chez AI Swiss que dans les entreprises que j'accompagne. D'abord, la prédominance de l'usage individuel (environ 40%), concentré sur la génération de texte : les collaborateurs utilisent ChatGPT de manière isolée, sans cadre institutionnel. Ensuite, le "manque de compétences" et le "manque d'usages clairs" comme freins principaux, c'est exactement ce que me rapportent les dirigeants et conseils d'administration auprès desquels j'interviens. Enfin, la perception largement positive de l'IA (95% y voient une opportunité, seule ou combinée à un risque) confirme que l'enjeu n'est plus la sensibilisation, mais l'opérationnalisation.

Quels résultats de cette enquête vous ont surpris ?

Deux éléments m'interpellent. Premièrement, les 25% d'entreprises industrielles déclarant ne pas utiliser l'IA du tout. Dans mes missions d'implémentation, je découvre systématiquement du "Shadow AI" : des employés qui utilisent l'IA sans en informer leur hiérarchie. Le vrai chiffre est probablement bien supérieur. Deuxièmement, la sécurité des données n'est citée comme frein que par 15% des répondants, alors que des études en Suisse la place en risque numéro un à 60%. Ce décalage révèle que les entreprises sondées n'ont pas encore été confrontées aux défis concrets de gouvernance des données, un sujet que nous abordons systématiquement dans nos formations et nos interventions en conseil d'administration.

Quelles données complémentaires devraient encore compléter le tableau?

Il faudrait encore rajouter trois dimensions essentielles: la distinction entre outils publics gratuits et solutions d'entreprise sécurisées (pour évaluer le vrai niveau de maturité) ; la question de la gouvernance IA (chartes, directives internes, seulement 25% des entreprises suisses ont une stratégie IA formalisée selon ETH/Swissmem) ; et la mesure du ROI réel, car si 70% attendent une efficience accrue, combien l'ont effectivement mesurée ? Ce sont des indicateurs que nous suivons de près dans nos projets.

Seulement 9% des entreprises sondées ont un déploiement structuré. D'après votre expérience, comment y ont-elles procédé ?

Pour avoir accompagné plusieurs de ces entreprises, je recommande cette approche : partir du problème métier, jamais de la technologie. Concrètement, elles ont d'abord structuré leurs données, puis formé leurs équipes dans une logique de "co-pensée humain-IA", et enfin identifié des cas d'usage précis avec des KPI mesurables. Ce qui les distingue : un sponsor au niveau de la direction, une gestion de projet rigoureuse et un accompagnement structuré. Leurs motivations ? Compétitivité internationale, pallier la pénurie de main-d'œuvre et transformer des données dormantes en actifs stratégiques.

Quelles évolutions anticipez-vous pour les 12 à 24 prochains mois ?

Je m'attends à une bascule significative de l'"usage individuel" vers le "déploiement structuré". Les PME réaliseront que l'usage isolé d'outils publics pose des risques et limite les gains à l'échelle de l'entreprise, un message que nous portons activement auprès des directions. Les budgets augmenteront : l'investissement se déplacera des licences logicielles vers l'intégration, la sécurisation des données et la formation. Je m'attends aussi à l'émergence du rôle de "référent IA" dans les PME de 30 à 100 collaborateurs, un profil que nous aidons déjà à structurer.
 

Quels cas d'usage prioritaires de l'IA avec quels impacts voyez-vous en fonction de la taille et de l'activité ?

Fort de l'expérience accumulée dans l'accompagnement de dizaines d'entreprises, je peux synthétiser les cas d'usages prioritaires avec les impacts attendu avec les 4 classes suivantes   :

  • Micro-entreprise (<10 empoyés): Automatisation administrative (offres, e-mails, synthèses) | Gain de temps immédiat pour le dirigeant
  • Entreprise de 50-100+ employés: Plateforme IA d'entreprise avec gouvernance et formation transversale | Transformation systémique mesurable
  • PME Services (10-50): Assistant de connaissances interne + automatisation marketing | Réduction du temps de recherche, intégration accélérée
  • PME Industrielles: Analyse prédictive ou contrôle qualité par vision par ordinateur | Réduction des rebuts, maintenance optimisée

Un règle d'or prévaut: il faut commencer par un processus interne bien défini, mesurer, puis itérer.
 

Comment sélectionner un prestataire pour une utilisation de l'IA ?

Deux profils complémentaires sont nécessaires : un partenaire stratégique neutre (pour la feuille de route, la gouvernance au niveau du board et l'identification des cas d'usage) et un intégrateur technique local pour l'implémentation. L'écosystème romand dispose aujourd'hui des compétences pour répondre à ces défis: formation, project management IA, gouvernance et implémentation.

Je proposerais trois critères de sélection: 

  1. l'approche par le problème métier, pas par la technologie
  2. la transparence totale sur la souveraineté des données
  3. le transfert de compétences inclus dans chaque projet. L'objectif est de rendre les entreprises autonomes, pas dépendantes: c'est la philosophie que nous défendons chez AI Swiss.

Résultats de l'étude de la CNCI sur l'utilisation de l'IA par les entreprises neuchâteloises

Conjoncture: Les entreprises neuchâteloises anticipent un net coup de frein pour l’année 2026

Les entreprises neuchâteloises tirent un bilan contrasté de 2025 ; l’industrie a traversé une année difficile et mouvementée, alors que la situation a été jugée globalement positive dans les services. Selon la dernière enquête conjoncturelle de la CNCI, l’activité se détériore nettement en 2026, ce qui se répercute aussi sur les investissements et l’emploi. La situation conjoncturelle reste marquée par l’incertitude et des contrastes entre les secteurs. Les liquidités sont globalement maîtrisées, alors que l’intelligence artificielle est de plus en plus intégrée dans le fonctionnement des entreprises.

Dans le canton de Neuchâtel, les entreprises du secteur tertiaire sont plutôt satisfaites de l’année écoulée. Presque deux sur cinq jugent que 2025 fut une année «bonne» à «très bonne», contre un quart qui émet un jugement négatif. L’industrie, quant à elle, continue d’aligner les exercices délicats ; 46% des entreprises industrielles interrogées ont une appréciation négative de 2025, contre 28%, positive.   

Pour 2026, la part des entreprises anticipant une année plutôt mauvaise que bonne est supérieure, quels que soient le domaine d’activités et la taille des entreprises.  57 % des entreprises anticipent des niveaux d’investissement identiques ; pour les autres, elles sont plus disposées à réduire leurs investissements qu’à les augmenter, signe d’un climat marqué par la retenue et l’incertitude. 71% des entreprises sondées prévoient de stabiliser leurs effectifs ; les moyennes et grandes entreprises expriment plus fortement une intention de réduire leurs effectifs que les petites structures, ce qui traduit une logique d’ajustement plus marquée à mesure que la taille de l’entreprise augmente.

Au niveau des préoccupations, la situation économique générale occupe la première place (75% pour l’industrie et 72 % pour les services). Les entreprises de services sont principalement préoccupées par la recherche de nouveaux clients (39%), la concurrence (31%) et l’excès de réglementation (27%), alors que les sociétés industrielles plus orientées vers le marché extérieur sont d’abord préoccupées par le niveau du franc suisse (38%) et par le prix des matières premières (33%). 

Situation financière des entreprises : contrastes et points de vigilance

En termes de liquidités, la situation financières des entreprises est globalement maîtrisée, mais contrastée: 37% des entreprises la jugent bonne à excellente, 40% satisfaisante et 23% fragile à critique. En ce qui concerne la situation financière des entreprises, plus ces dernières sont grandes, plus la situation de liquidités paraît robuste, avec un avantage visible pour les services par rapport à l’industrie. 8% des entreprises signalent des difficultés à obtenir des crédits bancaires (11% dans l’industrie et 6% dans les services). Parmi les difficultés déclarées, les deux premières causes signalées sont la politique restrictive des banques et des situations financières jugées trop fragiles (53%). 36% des entreprises sondées sont d’avis que la réduction du nombre de banques restreint l’accès au crédit.

L’IA s’installe dans les entreprises

Le recours à de l’intelligence artificielle (IA) s’impose de plus en plus au sein des entreprises neuchâteloises. 77% affirment utiliser des outils IA, principalement pour la génération de texte (86%) : par rapport aux autres entreprises de l’échantillon, les entreprises de plus de 100 collaborateurs recourent plus intensément à l’IA pour l’analyse de données / prévisions et pour l’automatisation des tâches. Des gains d’efficience et de productivité sont attendus pour 76% des entreprises sondées. L’amélioration des compétences du personnel (38%), la diminution des coûts (29%) et la réduction des frais fixes (28%), comme celles liées au personnel et aux infrastructures, motivent aussi les entreprises neuchâteloises à recourir à l’IA. La proportion d’entreprises ayant un déploiement structuré de l’IA reste encore marginale (9%). Pour les autres répondants, il s’agit principalement d’usages individuels des collaborateurs (40%) ou de tâches spécifiques pour lesquelles l’IA est utilisée (28%). 

La sécurité des données est le principal frein à l’utilisation ou la généralisation de l’IA pour 51% du panel. Le manque d’usages clairs (37%) et le manque des compétences (36%) constituent deux autres freins. 48% des entreprises sondées prévoient d’augmenter l’utilisation de l’IA dans les deux prochaines années. Une distinction selon la taille des entreprises doit être faite : 80% des entreprises de plus de 100 personnes et 55% des sociétés de plus de 30 personnes envisagent une augmentation, alors que les entités plus petites y sont moins enclines. Dans ce sondage, il ressort que l’IA est perçue comme une menace pour 5% de l’échantillon; elle est d’abord vue comme une opportunité (48%), même si une grande partie des entreprises garde une vision lucide sur les risques associés (47%).

Commentaire de Florian Németi, Directeur de la CNCI

« Les résultats 2025 attestent de la résilience du tissu économique de notre canton, mais la dynamique s’essouffle nettement pour 2026, quels que soient les secteurs d’activités et les tailles des entreprises. Les chiffres sont inquiétants et confirment les échanges informels que nous avons avec des patrons et des dirigeants de PME neuchâteloises. Face aux incertitudes géopolitiques et aux pressions sur les marges, les entreprises ont besoin de prévisibilité, d’un allègement des lourdeurs administratives, de moins de taxes, d’un accès plus fluide aux marchés, aux talents et aux divers instruments de soutien. Fort heureusement, le pourcentage d’entreprises rencontrant des difficultés à recourir à de nouveaux crédits est plutôt faible; pour les entreprises concernées, il importe qu’elles s’adressent à des institutions comme Cautionnement Neuchâtel qui peuvent les soutenir dans l’octroi de nouveaux crédits visant notamment à couvrir des besoins en trésorerie ou à acquérir des machines ou des équipements voire à refaire des stocks. L’enquête met en lumière le recours toujours plus important de l’IA dans les entreprises, désireuses de gagner en efficience et en productivité. L’intérêt pour l’IA est grandissant. D’ailleurs, les cours donnés par la CNCI sur ce sujet affichent régulièrement complets. ».

Une enquête représentative

L'enquête a été menée par la CNCI du 12 mars au 7 mai 2026. 29% des membres sollicités y ont répondu, ce qui correspond à 261 réponses (104 entreprises industrielles et 157 sociétés de services). L'ensemble des entreprises ayant répondu au questionnaire occupe 11’313 collaborateurs dans le canton. 

Résultats de l'étude

Conjoncture: Les entreprises neuchâteloises anticipent un net coup de frein pour l’année 2026

Les entreprises neuchâteloises tirent un bilan contrasté de 2025 ; l’industrie a traversé une année difficile et mouvementée, alors que la situation a été jugée globalement positive dans les services. Selon la dernière enquête conjoncturelle de la CNCI, l’activité se détériore nettement en 2026, ce qui se répercute aussi sur les investissements et l’emploi. La situation conjoncturelle reste marquée par l’incertitude et des contrastes entre les secteurs. Les liquidités sont globalement maîtrisées, alors que l’intelligence artificielle est de plus en plus intégrée dans le fonctionnement des entreprises.

Dans le canton de Neuchâtel, les entreprises du secteur tertiaire sont plutôt satisfaites de l’année écoulée. Presque deux sur cinq jugent que 2025 fut une année «bonne» à «très bonne», contre un quart qui émet un jugement négatif. L’industrie, quant à elle, continue d’aligner les exercices délicats ; 46% des entreprises industrielles interrogées ont une appréciation négative de 2025, contre 28%, positive.   

Pour 2026, la part des entreprises anticipant une année plutôt mauvaise que bonne est supérieure, quels que soient le domaine d’activités et la taille des entreprises.  57 % des entreprises anticipent des niveaux d’investissement identiques ; pour les autres, elles sont plus disposées à réduire leurs investissements qu’à les augmenter, signe d’un climat marqué par la retenue et l’incertitude. 71% des entreprises sondées prévoient de stabiliser leurs effectifs ; les moyennes et grandes entreprises expriment plus fortement une intention de réduire leurs effectifs que les petites structures, ce qui traduit une logique d’ajustement plus marquée à mesure que la taille de l’entreprise augmente.

Au niveau des préoccupations, la situation économique générale occupe la première place (75% pour l’industrie et 72 % pour les services). Les entreprises de services sont principalement préoccupées par la recherche de nouveaux clients (39%), la concurrence (31%) et l’excès de réglementation (27%), alors que les sociétés industrielles plus orientées vers le marché extérieur sont d’abord préoccupées par le niveau du franc suisse (38%) et par le prix des matières premières (33%). 

Situation financière des entreprises : contrastes et points de vigilance

En termes de liquidités, la situation financières des entreprises est globalement maîtrisée, mais contrastée: 37% des entreprises la jugent bonne à excellente, 40% satisfaisante et 23% fragile à critique. En ce qui concerne la situation financière des entreprises, plus ces dernières sont grandes, plus la situation de liquidités paraît robuste, avec un avantage visible pour les services par rapport à l’industrie. 8% des entreprises signalent des difficultés à obtenir des crédits bancaires (11% dans l’industrie et 6% dans les services). Parmi les difficultés déclarées, les deux premières causes signalées sont la politique restrictive des banques et des situations financières jugées trop fragiles (53%). 36% des entreprises sondées sont d’avis que la réduction du nombre de banques restreint l’accès au crédit.

L’IA s’installe dans les entreprises

Le recours à de l’intelligence artificielle (IA) s’impose de plus en plus au sein des entreprises neuchâteloises. 77% affirment utiliser des outils IA, principalement pour la génération de texte (86%) : par rapport aux autres entreprises de l’échantillon, les entreprises de plus de 100 collaborateurs recourent plus intensément à l’IA pour l’analyse de données / prévisions et pour l’automatisation des tâches. Des gains d’efficience et de productivité sont attendus pour 76% des entreprises sondées. L’amélioration des compétences du personnel (38%), la diminution des coûts (29%) et la réduction des frais fixes (28%), comme celles liées au personnel et aux infrastructures, motivent aussi les entreprises neuchâteloises à recourir à l’IA. La proportion d’entreprises ayant un déploiement structuré de l’IA reste encore marginale (9%). Pour les autres répondants, il s’agit principalement d’usages individuels des collaborateurs (40%) ou de tâches spécifiques pour lesquelles l’IA est utilisée (28%). 

La sécurité des données est le principal frein à l’utilisation ou la généralisation de l’IA pour 51% du panel. Le manque d’usages clairs (37%) et le manque des compétences (36%) constituent deux autres freins. 48% des entreprises sondées prévoient d’augmenter l’utilisation de l’IA dans les deux prochaines années. Une distinction selon la taille des entreprises doit être faite : 80% des entreprises de plus de 100 personnes et 55% des sociétés de plus de 30 personnes envisagent une augmentation, alors que les entités plus petites y sont moins enclines. Dans ce sondage, il ressort que l’IA est perçue comme une menace pour 5% de l’échantillon; elle est d’abord vue comme une opportunité (48%), même si une grande partie des entreprises garde une vision lucide sur les risques associés (47%).

Commentaire de Florian Németi, Directeur de la CNCI

« Les résultats 2025 attestent de la résilience du tissu économique de notre canton, mais la dynamique s’essouffle nettement pour 2026, quels que soient les secteurs d’activités et les tailles des entreprises. Les chiffres sont inquiétants et confirment les échanges informels que nous avons avec des patrons et des dirigeants de PME neuchâteloises. Face aux incertitudes géopolitiques et aux pressions sur les marges, les entreprises ont besoin de prévisibilité, d’un allègement des lourdeurs administratives, de moins de taxes, d’un accès plus fluide aux marchés, aux talents et aux divers instruments de soutien. Fort heureusement, le pourcentage d’entreprises rencontrant des difficultés à recourir à de nouveaux crédits est plutôt faible; pour les entreprises concernées, il importe qu’elles s’adressent à des institutions comme Cautionnement Neuchâtel qui peuvent les soutenir dans l’octroi de nouveaux crédits visant notamment à couvrir des besoins en trésorerie ou à acquérir des machines ou des équipements voire à refaire des stocks. L’enquête met en lumière le recours toujours plus important de l’IA dans les entreprises, désireuses de gagner en efficience et en productivité. L’intérêt pour l’IA est grandissant. D’ailleurs, les cours donnés par la CNCI sur ce sujet affichent régulièrement complets. ».

Une enquête représentative

L'enquête a été menée par la CNCI du 12 mars au 7 mai 2026. 29% des membres sollicités y ont répondu, ce qui correspond à 261 réponses (104 entreprises industrielles et 157 sociétés de services). L'ensemble des entreprises ayant répondu au questionnaire occupe 11’313 collaborateurs dans le canton. 

Résultats de l'étude

Conjoncture: Les entreprises neuchâteloises anticipent un net coup de frein pour l’année 2026

Les entreprises neuchâteloises tirent un bilan contrasté de 2025 ; l’industrie a traversé une année difficile et mouvementée, alors que la situation a été jugée globalement positive dans les services. Selon la dernière enquête conjoncturelle de la CNCI, l’activité se détériore nettement en 2026, ce qui se répercute aussi sur les investissements et l’emploi. La situation conjoncturelle reste marquée par l’incertitude et des contrastes entre les secteurs. Les liquidités sont globalement maîtrisées, alors que l’intelligence artificielle est de plus en plus intégrée dans le fonctionnement des entreprises.

Dans le canton de Neuchâtel, les entreprises du secteur tertiaire sont plutôt satisfaites de l’année écoulée. Presque deux sur cinq jugent que 2025 fut une année «bonne» à «très bonne», contre un quart qui émet un jugement négatif. L’industrie, quant à elle, continue d’aligner les exercices délicats ; 46% des entreprises industrielles interrogées ont une appréciation négative de 2025, contre 28%, positive.   

Pour 2026, la part des entreprises anticipant une année plutôt mauvaise que bonne est supérieure, quels que soient le domaine d’activités et la taille des entreprises.  57 % des entreprises anticipent des niveaux d’investissement identiques ; pour les autres, elles sont plus disposées à réduire leurs investissements qu’à les augmenter, signe d’un climat marqué par la retenue et l’incertitude. 71% des entreprises sondées prévoient de stabiliser leurs effectifs ; les moyennes et grandes entreprises expriment plus fortement une intention de réduire leurs effectifs que les petites structures, ce qui traduit une logique d’ajustement plus marquée à mesure que la taille de l’entreprise augmente.

Au niveau des préoccupations, la situation économique générale occupe la première place (75% pour l’industrie et 72 % pour les services). Les entreprises de services sont principalement préoccupées par la recherche de nouveaux clients (39%), la concurrence (31%) et l’excès de réglementation (27%), alors que les sociétés industrielles plus orientées vers le marché extérieur sont d’abord préoccupées par le niveau du franc suisse (38%) et par le prix des matières premières (33%). 

Situation financière des entreprises : contrastes et points de vigilance

En termes de liquidités, la situation financières des entreprises est globalement maîtrisée, mais contrastée: 37% des entreprises la jugent bonne à excellente, 40% satisfaisante et 23% fragile à critique. En ce qui concerne la situation financière des entreprises, plus ces dernières sont grandes, plus la situation de liquidités paraît robuste, avec un avantage visible pour les services par rapport à l’industrie. 8% des entreprises signalent des difficultés à obtenir des crédits bancaires (11% dans l’industrie et 6% dans les services). Parmi les difficultés déclarées, les deux premières causes signalées sont la politique restrictive des banques et des situations financières jugées trop fragiles (53%). 36% des entreprises sondées sont d’avis que la réduction du nombre de banques restreint l’accès au crédit.

L’IA s’installe dans les entreprises

Le recours à de l’intelligence artificielle (IA) s’impose de plus en plus au sein des entreprises neuchâteloises. 77% affirment utiliser des outils IA, principalement pour la génération de texte (86%) : par rapport aux autres entreprises de l’échantillon, les entreprises de plus de 100 collaborateurs recourent plus intensément à l’IA pour l’analyse de données / prévisions et pour l’automatisation des tâches. Des gains d’efficience et de productivité sont attendus pour 76% des entreprises sondées. L’amélioration des compétences du personnel (38%), la diminution des coûts (29%) et la réduction des frais fixes (28%), comme celles liées au personnel et aux infrastructures, motivent aussi les entreprises neuchâteloises à recourir à l’IA. La proportion d’entreprises ayant un déploiement structuré de l’IA reste encore marginale (9%). Pour les autres répondants, il s’agit principalement d’usages individuels des collaborateurs (40%) ou de tâches spécifiques pour lesquelles l’IA est utilisée (28%). 

La sécurité des données est le principal frein à l’utilisation ou la généralisation de l’IA pour 51% du panel. Le manque d’usages clairs (37%) et le manque des compétences (36%) constituent deux autres freins. 48% des entreprises sondées prévoient d’augmenter l’utilisation de l’IA dans les deux prochaines années. Une distinction selon la taille des entreprises doit être faite : 80% des entreprises de plus de 100 personnes et 55% des sociétés de plus de 30 personnes envisagent une augmentation, alors que les entités plus petites y sont moins enclines. Dans ce sondage, il ressort que l’IA est perçue comme une menace pour 5% de l’échantillon; elle est d’abord vue comme une opportunité (48%), même si une grande partie des entreprises garde une vision lucide sur les risques associés (47%).

Commentaire de Florian Németi, Directeur de la CNCI

« Les résultats 2025 attestent de la résilience du tissu économique de notre canton, mais la dynamique s’essouffle nettement pour 2026, quels que soient les secteurs d’activités et les tailles des entreprises. Les chiffres sont inquiétants et confirment les échanges informels que nous avons avec des patrons et des dirigeants de PME neuchâteloises. Face aux incertitudes géopolitiques et aux pressions sur les marges, les entreprises ont besoin de prévisibilité, d’un allègement des lourdeurs administratives, de moins de taxes, d’un accès plus fluide aux marchés, aux talents et aux divers instruments de soutien. Fort heureusement, le pourcentage d’entreprises rencontrant des difficultés à recourir à de nouveaux crédits est plutôt faible; pour les entreprises concernées, il importe qu’elles s’adressent à des institutions comme Cautionnement Neuchâtel qui peuvent les soutenir dans l’octroi de nouveaux crédits visant notamment à couvrir des besoins en trésorerie ou à acquérir des machines ou des équipements voire à refaire des stocks. L’enquête met en lumière le recours toujours plus important de l’IA dans les entreprises, désireuses de gagner en efficience et en productivité. L’intérêt pour l’IA est grandissant. D’ailleurs, les cours donnés par la CNCI sur ce sujet affichent régulièrement complets. ».

Une enquête représentative

L'enquête a été menée par la CNCI du 12 mars au 7 mai 2026. 29% des membres sollicités y ont répondu, ce qui correspond à 261 réponses (104 entreprises industrielles et 157 sociétés de services). L'ensemble des entreprises ayant répondu au questionnaire occupe 11’313 collaborateurs dans le canton. 

Résultats de l'étude