Le vendredi 2 octobre se tiendra, dans la Salle du Grand Conseil à Neuchâtel, la première Journée de la gouvernance organisée sur sol neuchâtelois. Huit intervenants animeront cette matinée consacrée à la transmission d’entreprise familiale. Partenaire institutionnelle de la manifestation, la CNCI a rencontré Catherine Vogt, fondatrice et directrice d’Hesperia SA, ainsi qu’Alexandre Pahud, cofondateur du Swiss Governance Hub. Ils répondent aux questions de la CNCI.
Qu’est-ce qui vous a motivés à organiser une manifestation consacrée au rôle clé de la gouvernance dans la transmission d’entreprise familiale ?
La démarche est partie d’un constat simple : il existe peu d’événements spécifiquement consacrés à la gouvernance. Or, dans leurs échanges avec des administrateurs, des dirigeants de PME et des responsables d’organisations, les porteurs du projet ont constaté un réel besoin de pouvoir aborder ces questions entre pairs.
La transmission d’entreprise s’est rapidement imposée comme un thème central. Elle concerne de nombreuses sociétés, dans le canton de Neuchâtel comme ailleurs en Suisse, et beaucoup devront trouver une solution de reprise dans les années à venir. L’idée de cet événement est donc de mettre à disposition des outils, des expériences et des réflexions utiles à celles et ceux qui sont confrontés à ces enjeux.
Quel est l’objectif principal de cette matinée ?
L’objectif est avant tout le partage d’expériences. Le choix des intervenants répond à cette volonté : proposer des éclairages complémentaires sur différents modèles de transmission, afin de donner des idées, de répondre à certaines questions et de susciter une réflexion chez les dirigeants, administrateurs et organes de gouvernance.
À quel public cet événement s’adresse-t-il en priorité ?
Le public cible est constitué des organes dirigeants au sens large. L’événement s’adresse bien sûr aux membres de conseils d’administration, mais aussi aux directions opérationnelles, aux propriétaires d’entreprise, aux actionnaires, aux conseils de fondation et aux responsables d’organisations. Il dépasse ainsi le seul cercle des conseils d’administration.
L’idée est précisément de dépasser une approche trop fermée de la gouvernance, parfois centrée uniquement sur les conseils d’administration. Une bonne gouvernance implique un dialogue entre plusieurs niveaux de responsabilité. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de préparer une transmission d’entreprise.
Quels cas concrets seront abordés lors de la table ronde ?
La matinée mettra en lumière plusieurs modèles de transmission. Les intervenants partageront notamment des expériences liées à la constitution d’une fondation, à la cession d’une entreprise à un groupe, ou encore à une transmission plus classique au sein de la famille.
La table ronde permettra ensuite de croiser ces expériences avec le regard d’experts issus de différents horizons : investisseurs, partenaires bancaires, spécialistes de la gouvernance et du conseil d’administration. L’objectif est de mettre en perspective les avantages, les limites, les risques et les conditions de réussite de chaque modèle.
En quoi les entreprises neuchâteloises présentent des profils intéressants pour cette première journée de la gouvernance ?
Neuchâtel s’est imposé naturellement, en raison de son tissu économique, de la présence de nombreuses PME industrielles et de l’importance des enjeux de succession pour ces entreprises. Le lieu choisi (Salle du Grand Conseil) porte également une dimension symbolique : il renvoie à l’idée de gouvernance, de décision et de responsabilité collective. Pour organiser cette édition neuchâteloise, les porteurs du projet ont souhaité s’appuyer sur des partenaires connaissant bien le terrain local. Cette collaboration reflète l’esprit même de la démarche : créer, autour de la gouvernance, une communauté de personnes et d’entreprises engagées dans le partage d’expériences et la diffusion de bonnes pratiques.
Au-delà des cas présentés, cette matinée entend aussi rappeler que la gouvernance joue un rôle déterminant dans la capacité d’une entreprise à anticiper les moments charnières de son développement.
Quels principaux enseignements les participants devraient-ils retenir à l’issue de cette manifestation ?
Préparer une transmission, c’est un peu comme préparer sa prévoyance personnelle : il ne faut pas attendre les dernières années pour s’en préoccuper. La transmission d’entreprise se prépare. Elle ne doit pas être repoussée. Plus elle est anticipée, plus elle peut être conduite sereinement, dans l’intérêt du ou des propriétaire(s), des collaborateurs, des organes dirigeants et de la pérennité de l’entreprise.
Une transmission d’entreprise n’est pas uniquement l’affaire du propriétaire. Elle concerne l’ensemble des instances de gouvernance et des organes dirigeants. Trop souvent, le sujet est abordé tardivement, voire gardé sous silence, alors qu’il devrait être intégré bien en amont dans la réflexion stratégique de l’entreprise. Le conseil d’administration et les organes dirigeants ont un rôle clé à jouer pour inscrire ce sujet dans une vision à long terme, poser les bonnes questions et éviter que l’urgence ne dicte les décisions.
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