Non à l’initiative « Pour une assurance des soins dentaires » !

    Quatre partis politiques (le Parti Libéral-Radical, Le Centre, Les Verts-Libéraux et l’UDC), quatre associations économiques (la FER-NE, la CNCI, l’AIP et l’UNAM) et l’association suisse des médecins-dentistes (SSO et SSO-NE), disent NON à l’initiative « Pour une assurance des soins dentaires ». Cette initiative chère et trompeuse met en péril le Contrat-formation et les dernières réformes fiscales. Elle est injuste pour les personnes actives et diminue le pouvoir d’achat. Finalement, elle provoque des coûts exagérés pour les collectivités publiques et garantie une usine à gaz administrative dont le Canton de Neuchâtel n’a pas besoin !

     

    Une initiative trompeuse

    L’assurance proposée ne couvrira pas les frais d’orthodontie, les soins esthétiques, les couronnes ou encore les implants dentaires. Cette assurance se limitera aux soins de base. Il s’agit donc d’une initiative très chère pour des soins limités. En effet, les soins les plus coûteux resteront entièrement à la charge des patients qui devront payer l’assurance ET les soins. Il ne faut donc pas se méprendre ; la classe moyenne payera un lourd tribut pour des prestations très réduites. De plus, toute la population pourra bénéficier de cette assurance, y compris les personnes qui ne cotisent pas. C’est donc encore une fois les personnes actives qui seront pénalisées et devront contribuer deux fois à cette assurance : une fois sur le salaire et une fois par l’impôt.

     

    La privation de soins n’affecte que très peu la population

    Renoncement ne signifie pas privation. Selon les dernières données fournies par l’OFS (étude SILC 2019), la privation de soins dentaires en moyenne suisse se monte à 2,9%. Le système actuel est donc fonctionnel pour plus de 95% de la population. Il est donc faux de prétendre que « le renoncement est un fléau » comme on peut l’entendre. Les promoteurs de cette assertion mettent en avant diverses études portant sur le renoncement aux soins, ce qui n’est pas du tout la même chose et a peu d’utilité en matière de politique de santé. En la matière la Suisse et son modèle fondé sur la responsabilité personnelle fait très bonne figure en comparaison internationale (IHPS 2013).

    Le filet social du canton de Neuchâtel est déjà très efficace : les personnes bénéficiaires des services sociaux, des prestations complémentaires de l’AVS/AI et de l’office des migrations ont accès aux soins dentaires de base. Par ailleurs, des œuvres d’entraide telles que Pro Infirmis, Pro Senectute, Caritas ou le CSP peuvent apporter un soutien financier aux personnes ne bénéficiant pas de l’aide sociale.

     

    Le modèle actuel fonctionne

    Soyons clairs : la santé buccodentaire de la population suisse et neuchâteloise est bonne !

    Le modèle suisse s’est illustré depuis six décennies par une attention soutenue à la prévention, qui a porté des fruits spectaculaires. Ainsi le taux de carie a baissé de plus de 90% ces 40 dernières années ; selon une étude conduite en 2010 par l'OMS, les adolescents de notre pays sont les champions du monde de la brosse à dents ; 60% des adolescents n’ont pas une seule carie à l’âge de 12 ans et la Suisse fait partie du trio de tête européen en ce qui concerne la santé gingivale. Et tout cela sans assurance obligatoire !

    Actuellement le patient et le médecin-dentiste conviennent ensemble, de manière individuelle et en fonction de chaque situation, de la meilleure solution thérapeutique pour le patient. Une assurance obligatoire et dirigiste détruirait ce lien privilégié et le libre choix du traitement ne serait plus garanti.

     

    Dangereuse pour les dernières réformes fiscales

    En 2020, de nouvelles réformes fiscales dans le Canton de Neuchâtel ont été mises en place et ont profité à une large majorité de la population. Dans la foulée, le contrat-formation est né et permet de remplir un objectif louable pour le Canton : augmenter le nombre de places d’apprentissage grâce à un prélèvement sur les salaires imputé uniquement aux employeurs. Un moratoire inscrit dans la loi ne permet pas de nouveau prélèvement pour le moment. Il est précisé que dans le cas où un nouveau prélèvement devait survenir, celui-ci serait à la charge du Canton. C’est donc un énorme risque pour l’équilibre financier de notre canton et l’encouragement d’une augmentation d’impôt pour toutes et tous.

     

    Un financement problématique

    Le modèle proposé par l’initiative prévoit, tout d’abord, un prélèvement sur la masse salariale. Celui-ci devrait atteindre 1% pour financer une grande partie de l’assurance, environ 70 millions. Les employeurs et les employés devront passer à la caisse de manière paritaire. Cela représente un coût certain pour les employeurs et une baisse du pouvoir d’achat des personnes actives dans notre canton. En outre, pour financer l’assurance, 40 millions seront encore nécessaires. Les collectivités publiques – Canton et communes – devront dès lors passer à la caisse également. Les finances déjà fragiles du canton seraient donc mises à rude épreuve.

     

    Pour toutes ces raisons, nous disons fermement NON à cette initiative chère et trompeuse.

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